Zhu Rongji, qui avait été membre du Comité permanent du Bureau politique des 14ème et 15ème Comités centraux du Parti communiste chinois, est décédé des suites d’une maladie, selon une nécrologie officielle.
Cette nécrologie a été publiée conjointement par le Comité central du PCC, le Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire, le Conseil des affaires d’État et le Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois.
Le document salue Zhu Rongji comme un membre exemplaire du Parti, un combattant communiste loyal et infatigable, un révolutionnaire prolétarien, un homme d’État et un dirigeant exceptionnel du Parti et de l’État.
Zhu Rongji (朱镕基 : Zhū Róngjì), né le 1er octobre 1928 à Changsha (Hunan) et mort le 12 août 2026 à Pékin, est un homme d’État chinois. Il s’engage dans la lutte révolutionnaire en décembre 1948 et devient membre du Parti communiste chinois (PCC) en octobre 1949.
Zhu sort diplômé de la prestigieuse université Qinghua où il étudie l’ingénierie électrique. Il travaille ensuite pour le Département des Industries de la Chine du Nord-est comme chef adjoint du bureau de la programmation de la production. Il est diplômé de l’université Qinghua en 1951.
Evincé puis adoubé
De 1952 à 1958, il travaille à la Commission d’État pour la Planification comme chef de groupe puis chef adjoint de division. Ayant critiqué les politiques de « forte croissance irrationnelle » de Mao Zedong durant le Grand Bond en avant, Zhu est étiqueté « droitiste » en 1958 et envoyé comme professeur dans une école de cadres. Réhabilité en 1962, il travaille comme ingénieur au bureau national de l’économie de la commission d’État pour la Planification jusqu’en 1969.
Durant la Révolution Culturelle, Zhu Rongji est à nouveau évincé. De 1970 à 1975, il est transféré dans une « École de cadre du Sept-Mai », sorte de camp de rééducation rurale. Inspirées par une directive de Mao Zedong du 7 mai 1966, elles visaient à soumettre les intellectuels et fonctionnaires au travail manuel agricole et à l’étude marxiste.
De 1975 à 1979, il est ingénieur en chef adjoint d’une compagnie contrôlée par le Bureau des Pipelines au ministère du Pétrole et directeur d’un Institut d’économie Industrielle placé sous l’autorité de l’Académie chinoise des sciences sociales. Par la suite, lorsque Deng Xiaoping commence ses réformes économiques en 1978, il cherche des conseillers qui pensent comme lui et recrute Zhu. Deng réhabilite Zhu sur la base de ses pensées innovatrices et ses idées économiques avancées.
Entre 1987 et 1991, il occupe successivement les fonctions de secrétaire adjoint du Comité municipal du PCC de Shanghai, de maire de Shanghai et de secrétaire du Comité municipal du PCC de Shanghai. Durant son mandat, il plaide pour une réforme de la structure industrielle de la ville, le développement d’une économie tournée vers l’exportation et le renforcement de sa compétitivité internationale. Zhu a joué un rôle crucial dans le développement et l’ouverture du nouveau district de Pudong à Shanghai. Ses efforts ont jeté les bases solides des réformes, de l’ouverture et du développement futurs de la ville de Shanghai, a indiqué sa nécrologie.
Il modifie le système économique de la Chine
En 1991, Zhu est nommé vice-Premier ministre du Conseil des affaires d’État. Il cumule aussi la position de directeur du bureau de la production du Conseil d’État (14e Politburo). Il se concentre sur l’industrie, l’agriculture et la finance, lançant un effort pour sortir les entreprises d’État de leurs dettes. Pour la paysannerie, il élimine les promesses de paiement de l’État dans l’achat des céréales en rendant ces achats payables immédiatement.
En octobre 1992, il fut élu membre du Bureau politique du Comité central du PCC et de son comité permanent, et chargé de l’exécution des travaux du Conseil des affaires d’État. En juin 1993, il cumule les fonctions de gouverneur de la Banque populaire de Chine, la banque centrale du pays.
De 1993 à 1995, Zhu est membre du comité permanent du bureau politique du Comité central du PCC tout en restant à son poste de vice premier ministre du Conseil d’État et de celui de gouverneur de la Banque populaire de Chine. De 1995 à 1998, il cumule les postes de membre du Comité permanent et de vice premier ministre.
Lorsqu’il est gouverneur de la Banque centrale, Zhu s’attaque aux problèmes de surplus monétaire, d’augmentation des prix et d’un marché chaotique qui proviennent en grande partie de la fuite des capitaux. Après quatre annéees de contrôle macro-économique réussi, la première tâche est de réduire l’inflation, et ralentir la surchauffe économique chinoise pour effectuer un « atterrissage en douceur ». Avec ces résultats, Zhu est reconnu comme un administrateur capable et devient premier ministre du Conseil d’État.
Ces expériences montrent qu’il a développer des approches et des mesures visant à renforcer et à améliorer la régulation macroéconomique, contribuant ainsi de manière significative et efficace à freiner la surchauffe de l’économie, à maîtriser l’inflation et à parvenir à un atterrissage en douceur de l’économie.
Il œuvre activement à la rectification et au rétablissement de l’ordre dans les secteurs fiscal et budgétaire, accéléra les réformes fiscales et budgétaires et contribua à l’amélioration du système de régulation financière chinois.
En septembre 1997, Zhu fut réélu membre du Bureau politique du Comité central du PCC et de son comité permanent. Le président Jiang Zemin nomme Zhu Premier ministre du Conseil d’État. La 9ème Assemblée nationale populaire confirme sa nomination le 17 mars 1998 à la première session de l’ANP. Il devient aussi secrétaire du groupe dirigeant des membres du Parti au sein du Conseil des affaires d’État. Zhu est aussi réélu au Comité permanent du bureau politique du quinzième Comité central du PCC en septembre 1997 (15e Politburo).
Face aux répercussions de la crise financière asiatique et des inondations catastrophiques en Chine, Zhu a privilégié une transition d’une politique budgétaire et monétaire modérément restrictive vers une politique budgétaire proactive et une politique monétaire prudente, stimulant la demande intérieure et approfondissant les réformes dans des secteurs clés, afin de maintenir une croissance économique soutenue et rapide.
Durant son mandat de vice-Premier ministre puis de Premier ministre du Conseil des affaires d’État, une série de politiques et de mesures ont été adoptées pour accroître l’ouverture, encourager les exportations, maintenir la stabilité du renminbi sans dévaluation, attirer les investissements étrangers et préserver la prospérité et la stabilité de la Région administrative spéciale de Hong Kong en tant que centre financier international.
Au coeur du systèle social
Il a également supervisé la mise en œuvre de réformes majeures du système de sécurité sociale, du système de santé et du système d’investissement et de financement, entre autres, contribuant ainsi à l’établissement des fondements d’une économie de marché socialiste.
Zhu est considéré par les dirigeants et hommes d’affaires occidentaux comme une personne rassurante, faisant de lui l’initiateur de l’ouverture de la Chine au travers des négociations ardues en vue de l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce en 2001.
En mars 2003, Zhu a quitté ses fonctions de Premier ministre du Conseil des affaires d’État, et passe le relais à son second, Wen Jiabao. Après avoir quitté ses fonctions dirigeantes, il a toujours soutenu avec constance la direction du Comité central du PCC.
Il est resté fidèle à la grande cause du socialisme aux caractéristiques chinoises et a fermement soutenu les efforts visant à améliorer la conduite, à promouvoir l’intégrité et à lutter contre la corruption, selon la nécrologie.
« La vie de Zhu fut révolutionnaire, combative et glorieuse, entièrement consacrée au service du peuple et de la cause communiste, indique sa nécrologie, ajoutant que sa disparition représente une grande perte pour le Parti et l’État », ont assuré les dirigeants chinois.