Le président chinois Xi Jinping va donner le coup d’envoi le 16 octobre du XXème Congrès national du Parti Communiste Chinois, au pouvoir depuis 1949.

L’actuel président de la République populaire de Chine va certainement obtenir un troisième mandat qui consolidera sa place de dirigeant le plus puissant de Chine depuis Mao Zedong.

Le congrès se tient à un moment compliqué pour la Chine : la situation à Taiwan, la politique du zéro COVID pèse sur le moral des chinois et l’économie, le soutien à la Russie lui donne une mauvaise image, l’inflation galopante, le chômage, la baisse du moral des jeunes, …

Tant de données qui montrent que le pays fait face à ses plus grands défis. Malgré tout diplomates, économistes et analystes interrogés par l’agence de presse Reuters affirment que Xi Jinping va consolider sa domination sur le pouvoir.

Le congrès va durer 7 jours, durant lesquels les 2296 délégués vont débattre à huis clos, dans le vaste Grand Hall du Peuple sur la place Tiananmen. Pékin a renforcé la sécurité et intensifié les contrôles anti-Covid-19.

De plus, les aciéries de la province voisine de Hebei ont reçu l’ordre de réduire leurs activités pour améliorer la qualité de l’air, selon une source industrielle citée par Reuters.

Pour l’heure, les analystes et observateurs du PCC spéculent sur les personnes qui seront nommées aux postes clés et sur la signification de ces nominations. En effet, le système politique chinois reste très trouble, et les certitudes sont rares.

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Cette nouvelle équipe ne devrait pas modifier la direction idéologique et politique du troisième mandat de Xi Jinping. Ce dernier continuera probablement les politiques déjà engagées en matière de sécurité et d’autonomie, de contrôle de l’économie par l’État, de diplomatie affirmée et pour une armée plus forte.

Le congrès se terminera donc le 22 octobre par la présentation du prochain Comité permanent du Politburo (CPP), l’organe d’élite qui compte désormais sept membres. Selon l’ancien diplomate britannique Charles Parton, membre du Council on Geostrategy, il est probable que la nouvelle équipe sera intransigeante et « Xiiste », en référence Xi Jinping et sa pensée entrée dans la Constitution.

Le congrès devrait débuter avec la lecture par Xi Jinping d’un rapport qui exposera les grandes lignes des priorités pour les cinq prochaines années. Ce discours, diffusé à la télévision, marquera le début d’un processus de changement de personnel au sommet du PCC et du gouvernement qui durera plusieurs mois et qui s’achèvera en mars 2023 lors de la session annuelle de l’Assemblée Nationale Populaire.

Avec ce troisième mandat, Xi Jinping rompt de nouveau avec le précédent de deux mandats des dernières décennies. Mais surtout, fait exceptionnel : aucun successeur à Xi Jinping, 69 ans, ne devrait être identifié, selon les analystes, qui présagent son intention de rester au pouvoir encore plus longtemps.

Les observateurs de la Chine veulent surtout savoir qui sera choisi comme prochain premier ministre, dont la la tâche est de gérer la deuxième plus grande économie du monde. Plusieurs hauts fonctionnaires figurent sur les listes des candidats, mais aucun n’est un choix évident pour succéder à Li Keqiang.

Pourtant, selon des analystes, Xi Jinping a freiné l’avancée de ceux qui sont considérés comme des « réformateurs » en faveur de ses politiques économiques plus étatiques et nationalistes.

« Il y a de plus en plus de preuves que les décisions de promotion de ces dernières années ont été prises moins en fonction des capacités technocratiques, auxquelles on pourrait s’attendre de la part des réformateurs, et plus en fonction de la loyauté envers Xi Jinping, donc je pense que nous devrions vraiment retirer cette idée de réformateurs », a déclaré Mark Williams, économiste en chef pour l’Asie chez Capital Economics.