Les autorités de Pékin ont retiré le 13 octobre, à quelques jours du début du XXème congrès du Parti Communiste Chinois, des banderoles de protestation visibles sur un des viaducs de la capitale chinoise, selon de nombreuses images et vidéos diffusées sur Twitter, réseau social bloqué en Chine.

Ces banderoles ont été déployées dans le quartier de Haidian, dans le nord-ouest de la ville.
Sur le pont Sitong, au nord-ouest de la capitale chinoise, un homme a fait brûler des pneus et affiché deux banderoles :

  • sur la première, il est écrit : « Nous ne voulons pas de tests Covid, nous voulons manger ; nous ne voulons pas de confinement, mais être libres, pas de mensonge, mais la dignité (…) Ne plus être des esclaves pour être des citoyens. »
  • sur la deuxième contient les inscriptions : « Étudiants, travailleur, peuple (…) destituez le dictateur Xi Jinping. »

Certains médias indiquent qu’une personne a été arrêtée en lien avec la manifestation. La police n’a pas répondu à une demande de commentaire de la part de l’agence de presse Reuters.

Selon la BBC, plusieurs internautes ont loué les actions du manifestant solitaire, les qualifiant de « héros » et les qualifiant de « nouveau Tank Man » – une référence à l’homme chinois inconnu qui s’est tenu devant les chars lors des manifestations de Tiananmen en 1989.

Toujours selon la BBC, des détectives en ligne ont tenté de retrouver la personne. Leurs recherches se sont concentrées sur un chercheur et physicien chinois originaire d’un village de la province septentrionale du Heilongjiang. Une vérification de la BBC auprès des responsables du village a confirmé qu’un homme portant ce nom vivait là-bas.

Toutefois, Hu Xijin, ancien rédacteur en chef du quotidien chinois Global Times, « la Chine est actuellement stable, surtout sa capitale Pékin. À Pékin, il n’y a pas de mécontentement public causé par le contrôle de l’épidémie comme dans certains autres endroits éloignés en Chine ».

A la suite de cet évènement, la sécurité a été renforcée à Pékin tout comme la censure sur internet pour faire disparaître toute référence à ces banderoles hostiles au président Xi Jinping.

La recherche du mot-clé « Pékin » sur le réseau social Weibo n’affichait que des résultats de comptes certifiés. Cependant, un mot-dièse (#JeLesAiVues), utilisé brièvement par les internautes, était indisponible.

De plus, des images et des images de la manifestation et des mots-clés associés, notamment « Haidian », « manifestant de Pékin » et « pont de Sitong », ont été rapidement effacés. Les expressions liées de manière tangentielle à la manifestation, notamment « pont » et « héros », ont également donné des résultats limités.

Ce geste de défiance à l’égard du pouvoir est très inhabituel à Pékin, notamment à l’approche du Congrès du Parti communiste, un événement sensible qui s’accompagne de mesures de sécurité supplémentaires.