Le Parlement du Nicaragua a abrogé le 14 décembre un accord commercial et d’autres conventions souscrits avec Taïwan, une semaine après avoir rompu toute relation diplomatique avec l’île, a rapporté la presse locale.

Le 10 décembre, heure de Taipei, la République du Nicaragua a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec la République de Chine (Taiwan).

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Selon le communiqué, la Chine et le Nicaragua, « conformément aux intérêts et au désir des peuples des deux pays, ont décidé de se reconnaître mutuellement et de reprendre leurs relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs, à compter de la date de la signature de ce communiqué ».

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Le Parlement nicaraguayen, dominé par les partisans du président Daniel Ortega, a approuvé par 80 voix sur 92 la proposition du gouvernement de «cesser et annuler» tout accord ou instrument juridique souscrit avec Taïwan avant le 9 décembre, a rapporté le site d’information El 19 Digital.

Dans la proposition soumise aux députés nicaraguayen, le gouvernement souligne que le Nicaragua «reconnaît dans le monde une seule Chine (…) et que Taïwan est une partie inaliénable du territoire chinois».

L’abrogation de ces accords intervient quelques jours après que Managua eut rompu ses relations diplomatiques avec Taïwan, tout en rétablissant celles avec la Chine. Une décision critiquée par les Etats-Unis.

Azucena Castillo, députée du PLC (droite nicaraguayenne) s’est dite «préoccupée» par l’avenir des relations commerciales protégées par un accord de 2016, signé avec Taipei. Cet accord commercial a permis aux exportations nicaraguayennes telles que le café, le sucre, les fruits de mer et le bœuf, entre autres, d’entrer à Taiwan avec des droits de douane préférentiels.

Les exportations nicaraguayennes vers Taïwan ont atteint 82,8 millions de dollars (74,5 milliards d’euros) en 2020, huit fois plus qu’en 2007. Selon Azucena Castillo, «tous ces échanges (seront redirigés vers) la Chine et (vont doubler) en volume, mais nous devrons voir si le pays a la capacité de répondre à cette demande».

Les autres accords abrogés concernent des exemptions de visas, à la coopération technique, au trafic aérien, à la reconnaissance mutuelle de documents officiels, et à un contrat de prêt pour un projet d’irrigation dans l’ouest du Nicaragua.