mardi, juillet 16

Le prochain FOCAC se tiendra en Chine à l’automne 2024

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a annoncé le 7 mars lors de la conférence de presse de la 2nde session du XIVème congrès de l’assemblée populaire la tenue du IXème Forum de la Cooperation Chine-Afrique (FOCAC) en automne 2024 en Chine.

Sans donner plus de détails, cette annonce montre que le FOCAC de cette année sera probablement un sommet présidentiel au lieu d’une habituelle réunion ministérielle. Depuis son lancement en l’an 2000 à Pékin, les réunions du FOCAC alternent entre réunions ministérielles, auxquelles participent parfois des chefs d’Etat et de gouvernement, et des sommets présidentiels où ce sont les chefs d’Etat et de gouvernement qui sont les principaux participants.

Ce sommet est précédé par plusieurs réunions thématiques allant de la sécurité à la place des médias chinois et africains dans le monde. Tous les domaines de coopération sont étudiés et discuté entre les dirigeants africains et chinois.

Le dernier FOCAC à Dakar en novembre 2021 avait un évènement présidentiel, certains experts avaient alors estimé que celui de cette année à Pékin aurait pu être une conférence ministérielle.

Mais il s’agira bien d’un sommet présidentiel en raison du contexte international, dont l’expansion du groupe BRICS qui depuis janvier 2024 inclut trois pays africains et la nouvelle initiative chinoise, Small & Beautiful, inclue dans les Nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative – BRI).

Le président chinois, Xi Jinping va donc se lancer dans une opération d’apaisement afin de rassurer ses homologues africains de l’intérêt de la Chine envers le continent africain, malgré la baisse des prêts chinois. En effet, les capacités publiques de la Chine sont désormais plus restreintes en raison d’une baisse de la croissance économique, mais les dirigeants chinois ont incité le secteur privé à investir massivement en Afrique et à construire une relation de coopération mutuelle.

L’Afrique, qui malgré le « Small & Beautiful » de la BRI, a été l’un des principaux bénéficiaires des engagements et investissements de la Chine dans les pays de la BRI en 2023. Des engagements en terme d’investissements et de construction qui confirment sur l’Afrique reste un territoire d’importance pour les entreprises chinoises, spécialement celles du secteur minier.

L’intérêt des pays africains pour ce sommet sera notamment observé par le nombre et le statut des participants. Une très grande participation des chefs d’État africains sera une victoire diplomatique pour la Chine dans un contexte de rivalité géopolitique croissant avec les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux.

Ce sommet sera l’opportunité de passer en revue les promesses et engagements pris lors du sommet de Dakar en 2021 et d’engager de nouveaux axes de coopération et d’en renforcer d’autres.

Toutefois, parmi les engagements non tenus, Pékin va devoir assumer le fait qu’il n’a pas été en mesure de porter ses importations en provenance d’Afrique à 300 milliards de dollars d’ici 2024. Ainsi, les mesures d’exonérations accordées en faveur d’une dizaine de pays africains pauvres n’auront rien changé de la nature déséquilibrée du commerce entre la Chine et les pays africains. En 2023 les exportations chinoises vers l’Afrique s’élevaient à 172 milliards de dollars et les importations à 109 milliards de dollars.

Malgré ces difficultés, la Chine va mette en avant ses différentes initiatives – Global Security Initiative, Global Development Initiative et Global Civilisation Initiative – qui sont désormais les principaux piliers de sa stratégie du remodelage du système international qu’elle appelle de tous ses voeux.

Face à la baisse des financements chinois, les pays africains pourraient profité de l’opportunité pour négocier plus durement avec la Chine et poser les fondements de nouvelles relations sino-africaines. Car selon The Project Afrique Chine, « le soutien et l’alignement de l’Afrique ne sauraient plus se faire sans contrepartie sérieuse et substantielle, non seulement au niveau financier, mais aussi au niveau politique international ».

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