Le groupe Sinic a indiqué qu’il était dans l’incapacité de rembourser un emprunt de 250 millions de dollars (225 millions d’euros) dont la dernière échéance est prévue le 18 octobre.

Après les déboires des géants Evergrande et Fantasia, Sinic se dit dans l’incapacité de rembourser son emprunt «faute de liquidités». Cette annonce intervient au moment où le secteur est secoué par les difficultés d’Evergrande, au bord de la faillite.

Sinic est la dernière entreprise de l’immobilier à faire état en Chine de graves difficultés financières.

La nouvelle est d’ailleurs arrivée juste après celle du départ lundi de deux directeurs d’un autre groupe du secteur Fantasia qui peine également à rembourser ses dettes.

Début octobre, Fantasia Holdings n’a pu honorer quelque 205,7 millions de dollars (177 millions d’euros) dus à ses créanciers. Le 11 octobre, le groupe a annoncé la démission de deux membres de sa direction.

L’un d’eux, Ho Man, a fait part de son inquiétude de « ne pas avoir été tenu pleinement informé de certaines questions cruciales pour la société en temps opportun », a précisé Fantasia dans un communiqué.

Fantasia est désormais gérée par un seul administrateur, alors que les règles de la Bourse de Hong Kong assurent que toute société qui y est cotée doit en avoir au moins trois.  

De son côté, le groupe Sinic a indiqué qu’il était dans l’incapacité de rembourser un emprunt de 250 millions de dollars (216 millions d’euros) dont la dernière échéance est prévue lundi 18 octobre.

Sinic «anticipe qu’il ne disposera pas de suffisamment de liquidités» pour honorer ce versement, a indiqué l’entreprise dans un communiqué daté du 12 octobre. Sinic devra par ailleurs rembourser un autre emprunt de 250 millions de dollars en janvier, puis 210 millions en juin prochain.

Sinic avait fait les gros titres de la presse en septembre 2021 quand l’action du groupe avait perdu 87% à la Bourse de Hong Kong, à la suite des déboires du géant de l’immobilier Evergrande criblé de dettes. L’affaire a fait perdre au patron de Sinic plus d’un milliard de dollars, selon Forbes. Et les cotations de Sinic sont depuis suspendues à la Bourse de Hong Kong.

Ces difficultés financières mettent en évidence les inquiétudes en Chine autour de l’immobilier, un secteur capital pour la croissance de la seconde puissance économique de Chine.

Evergrande, le poids lourd privé du secteur, tente depuis plusieurs semaines d’honorer ses paiements d’intérêts et ses livraisons d’appartements. Le groupe est au bord de la faillite et cette situation menace d’ébranler le secteur immobilier chinois, voire les marchés financiers mondiaux.

Le secteur immobilier a été l’une des locomotives de l’économie chinoise avec la construction de millions de logements. Une frénésie stimulée notamment par le besoin de la plupart des Chinois d’accéder à la propriété.

Mais face au gonflement de la dette dans l’immobilier, les régulateurs ont imposé au secteur «trois lignes rouges», des ratios prudentiels qui visent à réduire le recours à l’emprunt des promoteurs. Les entreprises plus fragilisées peinent depuis à maintenir leurs activités, alors que les ventes et prix dans l’immobilier ont fortement ralenti ces derniers mois.