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Le troisième porte-avions de la Chine a été dévoilé

Le troisième porte-avions de la Chine a été dévoilé

La Chine a dévoilé la mise en service de son troisième porte-avions, possédant le premier avec un système de catapultes électromagnétiques, et marquant une étape clé dans la modernisation de sa flotte navale.

La Chine possède désormais une technologie que seuls les États-Unis utilisaient jusqu’à présent : le catapultage électromagnétique. Avec ce nouvel équipement, le navire Fujian peut propulser une plus grande variété d’avions, plus lourdement armés et avec un meilleur rayon d’action que ses deux prédécesseurs.

Malgré ce nouveaux équipements, la Chine reste toujours derrière les Américains en termes de capacité de projection, ont indiqué plusieurs analystes. Le Fujian avait effectué ses premiers essais en mer en 2024, et a été officiellement mis en service lors d’une cérémonie qui s’est tenue le 7 janvier sur l’île tropicale de Hainan (sud), en présence du président Xi Jinping.

Plus de 2 000 personnes ont assisté à l’événement, a rapporté l’agence de presse chinoise, Xinhua, qui a fait état d’une « atmosphère enthousiaste ». « Après la cérémonie, Xi Jinping est monté à bord […] et s’est informé du développement des capacités de combat du système de porte-avions ainsi que de la construction et l’application du système de catapultage électromagnétique », a précisé la même source.

Le Fujian possède une propulsion conventionnelle et non nucléaire. Le porte-avion est le plus grand et le plus avancé des porte-avions chinois. Le pays en possède déjà deux : le Liaoning, de conception soviétique et acheté à l’Ukraine en 2000, et le Shandong, premier porte-avions à avoir été construit en Chine, mis en service en 2019.

Ne possédant pas de catapultes, les porte-avions sont équipés d’une rampe de type « tremplin« , qui ne permet pas aux avions de décoller avec autant de puissance. Cela les contraint à emporter moins d’armes et de carburant.

Un « jalon important » dans la modernisation de la marin

Le Fujian est équipé d’une catapulte à système électromagnétique (de type « EMALS »), alors que la plupart des catapultes classiques des porte-avions fonctionnent à la vapeur – une technologie moins performante. La Chine avait diffusé en septembre des vidéos de décollages et d’appontages d’avions (dont son chasseur furtif J-35, de cinquième génération) depuis le Fujian.

La télévision d’État CCTV avait salué un « jalon important » dans la modernisation de la marine. « Aucun pays occidental, à part les États-Unis, n’exploite un porte-avions d’une taille et de capacités similaires », souligne auprès de l’Agence France Presse, Alex Luck, spécialiste des armements navals.

« Il faudra encore plusieurs années avant que ce porte-avions atteigne une réelle capacité de combat » et « la Chine devra disposer de plusieurs porte-avions de ce type » pour « bouleverser réellement l’équilibre des forces », a souligné ce dernier.

« La marine chinoise reste en retard sur ses adversaires potentiels — en particulier les États-Unis — en matière d’expérience opérationnelle cumulée, de formation des groupes aéronavals et, surtout, d’expérience du combat réel », ce dernier point étant un « handicap majeur« , a indiqué à l’agence française, Collin Koh, spécialiste des questions navales en Asie-Pacifique à l’Université de technologie de Nanyang, à Singapour.

Des tensions avec les voisins

Ces dernières années, les passages de porte-avions chinois en mer de Chine méridionale, près d’îles disputées, et autour de Taïwan, île revendiquée par Pékin, ont provoqué l’appréhension de Washington. Pourtant, « la Chine n’a pas utilisé ses porte-avions pour projeter de la puissance à longue distance, et le Fujian ne changera probablement pas cette dynamique », a précisé Alex Luck, qui a indiqué que le navire servira surtout à « la formation et aux exercices ».

Il sera « plus vraisemblablement utilisé pour poursuivre les essais » et « tirer de nouveaux enseignements destinés aux futurs » porte-avions, a ajouté Collin Koh, sans exclure qu’il soit sollicité pour « des exercices autour de Taïwan« .

Depuis plusieurs années, la Chine a investit dans la modernisation de ses forces armées, suscitant l’appréhension de certains de ses voisins, dont le Japon, avec qui les relations sont de plus en plus tendues. La Chine, elle, a affirmé avoir une politique militaire « défensive » et vouloir uniquement préserver sa souveraineté.

Image : Porte Avion Liaoning

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