Le gouvernement engage plusieurs séries de mesures économiques et financières afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et  promouvoir l’économie verte, devenu un pilier de la transformation du modèle économie du pays.

D’ailleurs les dépenses budgétaires en matière de protection de l’environnement ont atteint 480,3 milliards de yuans en 2015, soit une hausse annuelle de 26%, selon le ministère des Finances.

Premier émetteur de « green bonds« 

Selon les données de la Commission de régulation bancaire, fin juin 2016, 21 principales banques du pays ont connu un solde de crédit vert de 7’260 milliards de yuans, soit 9,0% de prêts en tous genres.

Dans cette enveloppe globale, 1’690 milliards de yuans  (219,7 milliards d’euros) sont consacrés aux secteurs émergents, comme les économies d’énergie, les énergies renouvelables, et les voitures à énergie propre.

Et les projets de protection de l’environnement représentent, eux, près de 5’570 milliards RMB (724,1 milliards d’euros). Ces investissements massifs permettent la réduction annuelle de 186 millions de tonnes de charbon et 435 millions de tonnes d’émissions de CO², d’après la commission.

Green Bonds (wikipedia)

Green Bonds (wikipedia)

Interrogé par le quotidien suisse Le Temps, Christophe Nijdam, secrétaire général de Finance Watch, ONG basée à Bruxelles, la Chine « fait face à une crise de pollution majeure et a compris que le système financier est un rouage essentiel dans la transition vers une économie dé-carbonée« .

Raison pour laquelle, la Chine est le premier émetteur au monde d’obligations vertes. En effet, le marché mondial des « green bonds » (obligations vertes) est largement dominé par la Chine. Elles sont destinées à faciliter la transition énergétique via l’appel de fonds des marchés financiers.

En avril 2016, l’agence de notation Moody’s a indiqué dans un rapport que « les institutions chinoises ont émis 7,9 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros) d’obligations vertes au 1er trimestre, soit près de la moitié du total mondial ».

Stimulées par les transactions lancées par les institutions financières basées en Chine, « les émissions d’obligations vertes ont atteint 16,9 milliards de dollars » entre janvier et mars 2016, soit près de trois fois plus que durant la même période de 2015 et un montant supérieur à celui de 15,2 milliards enregistré au 4ème trimestre 2015.

Des lignes directrices spécifiques instaurées

Pour Yi Gang, vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine, il est évident que « les dirigeants chinois sont engagés en faveur de la protection environnementale et de la croissance durable« . D’ailleurs pour continuer sur sa lancée, le gouvernement a mit en place des « lignes directrices pour le crédit vert« .

Timbre commémoratif pour la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin

Timbre commémoratif pour la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin

Ces lignes proposent la création d’un fonds de développement vert permettant de réduire les coûts de financement des investisseurs ou d’augmenter leurs bénéfices. Le ministère des finances va d’ailleurs intégrer plusieurs fonds spéciaux pour la conservation de l’énergie et la protection de l’environnement, afin de fournir un financement au fonds de développement vert et d’investir dans l’industrie verte, a indiqué Xinhua.

D’autant plus que le gouvernement ne cesse d’augmenter les investissements en la manière. Les dépenses budgétaires en matière de protection environnementale ont atteint 480,3 milliards de yuans (64 milliards d’euros) en 2015, soit une hausse annuelle de 26%, selon la même source.

Des politiques budgétaires soutenant le financement vert vont être mises en œuvre, comme des subventions pour aider à payer les intérêts de prêts et les projets de partenariat public-privé (PPP), qui vont promouvoir le développement de l’industrie verte et fournir « un environnement politique sain au financement vert », a indiqué le ministère des finances.

Ce plan « encourage les capitaux privés dans les secteurs verts et vise à prévenir les investissements générateurs de pollution« , note l’agence de presse, Xinhua.

Pour Ma Jun, économiste en chef chargé de la recherche au sein de la Banque Populaire de Chine, a estimé lors d’un forum que les dépenses pour assainir l’environnement seront d’au moins 3’000 milliards de yuans (390 milliards d’euros) par an.

« Les ressources budgétaires actuelles ne peuvent cependant couvrir que 15% de ce montant. Un marché vert pourrait apporter des investissements privés importants pour répondre à ce manque, ce qui signifie des opportunités pour les investisseurs internationaux« , a-t-il déclaré.