L’île Maurice veut être, et sera certainement, la porte d’entrée de la Chine en Afrique. Après les nombreux projets de développement signés et les accords de coopération entamés, les deux pays vont s’entretenir pour lancer le processus de négociations, afin d’instaurer une zone de libre-échange bilatérales.

Une aubaine tant pour la Chine et que pour l’île Maurice. Le premier pays souhaite relancer sa croissance économique via ses investissements dans le secteur des infrastructures, et le second veut dynamiser ses exportations, vers la Chine surtout, et ainsi acquérir de nouveaux marchés pour ses produits de base et de luxe.

Diversifier les  marchés d’exportation au-delà de l’Inde

Invité en juillet à participer la 21st Century Maritime Silk International Expo, qui aura lieu à Guangdong en octobre, l’île Maurice veut convaincre de sa bonne santé économique et surtout attirer les investisseurs.

entreprise-mauritiusMenées par l’Entreprise Mauritius (EM), plusieurs organisations vont tenter de vendre la destination mauricienne, rechercher des débouchés pour les exportations et accentuer le tourisme de luxe.

Les autorités sont d’ailleurs parvenues à faire de l’île une plate-forme entre la Chine et l’Afrique, et un pionnier des relations avec l’Empire du milieu dans la zone Océan indien.

Pour preuve, les nouvelles dessertes aériennes mises en place cette année entre les deux pays, la mise en place du corridor commercial entre l’Asie et l’Afrique et l’adhésion de Port-Louis à l’initiative « One Belt, One Road » (Une Ceinture, Une route).

L’EM avait organisé en juin des campagnes de promotion à Hong-Kong et une rencontre acheteurs-vendeurs à Shanghai à l’intention des entreprises évoluant dans le secteur de l’agro-industrie.

L’organisation souhaite ainsi consolider sa stratégie de diversification de marchés d’exportation pour des produits, tels que le thon, le sucre, le miel, les pâtes de fruits, le thé, le spiritueux, et les fleurs et fruits frais.

D’autant que ces dernières années, la coopération sino-mauricienne s’est considérablement développée. En 2014, le volume total des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint 760 millions de dollars (668,8 millions d’euros), et les investissements chinois à Maurice 89,86 millions de dollars (79 milliards d’euros), faisant de la Chine, le 2nd partenaire commercial et un important d’investisseur à Maurice.

Depuis la collaboration s’est considérablement étendue, avec des investissements dans des projets d’infrastructures publiques, un accord bilatéral d’exemption de visa, l’ouverture prochaine d’une filiale locale de la Banque de Chine et l’engagement chinois de la création d’un hub maritime à Maurice.

De plus, sur une année, les exportations vers la Chine ont augmenté de 13% à 663 millions roupies mauriciennes (16,5 millions d’euros), en 2015. D’ailleurs les autorités souhaitent mettre l’accent sur la vente de ses produits de luxe, répondant aux exigences de qualité et de variété du consommateur chinois.

Négociations entamées en vue d’un accord de libre-échange

Pravind Jugnauth, ministre des Finances

Pravind Jugnauth, ministre des Finances

Cet accord de libre-échange permettrait d’éliminer les barrières tarifaires entre les deux pays, à travers la réduction et l’élimination des tarifs sur les échanges commerciaux. Évoque en février 2016 par le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, et son homologue mauricien d’alors, Etienne Sinatambou, l’accord vise à re-dynamiser l’économie chinoise et relancer les exportations mauriciennes.

Raison pour laquelle, les autorités sont très précautionneuses. Un Memorandum of Understanding (MoU) sera signé par le ministre des finances, Pravind Jugnauth, en octobre pour ouvrir les négociations.

En mission officielle en Chine, le ministre participera à la Commission jointe sino-mauricienne, instaurant un processus de consultation pour des collaborations sur plusieurs projets bilatéraux.

« Il est convenu que Pravind Jugnauth signe un Memorandum of Understanding avec la Chine. Ce sera la première étape vers la signature d’un accord de libre-échange« , confirme une source au ministère des Affaires étrangères, au site Défi Média.

Ce document lancera une étude conjointe de 3 à 4 mois sur la future entente et les paramètres qui devront la régir. « Une fois les paramètres connus, les négociations seront lancées« , a précisé la source de Défi Média, sur une liste de produits.