Le 6 février, le principal producteur de pétrole et de gaz de la Chine, China National Offshore Oil Corp (CNOOC), a pris une mesure sans précédent en déclarant un cas de force majeure auprès de trois de ses principaux fournisseurs de gaz naturel liquéfié (GNL), dont Royal Dutch Shell, Total SA en France et BP, en raison de la crise des coronavirus.

Le CNOOC a statué le cas de force majeure, ce qui lui permet aux entreprises de se retirer des obligations contractuelles en raison d’événements indépendants de sa volonté. Ainsi, la compagnie peut se retirer les achats de GNL de février et de mars.

Cette annonce est un nouveau coup dur pour l’industrie qui fait déjà face à déjà un important excédent d’approvisionnement et une baisse inquiétante des prix du marché. En effet, le gouvernement chinois avait annoncé un soutien aux sociétés énergétiques publiques, les aidant à déclarer le cas de force majeure de leurs contrats internationaux en raison de l’épidémie de coronavirus.

Total SA, qui fournit une grande partie de l’approvisionnement contractuel en GNL de la Chine, a estimé qu’il faut « faire attention, s’il y a une vraie quarantaine dans tous les ports de déchargement en Chine, nous avons un vrai cas de force majeure ».

Philippe Sauquet, président de Total SA pour le gaz, les énergies renouvelables et l’électricité, a indiqué que « pour l’instant, ce n’est pas le cas. Pour moi, c’est une négociation ordinaire ».

De leurs côtés, les compagnies Shell et BP n’ont pas encore réagit, tout comme les autres fournisseurs du géant chinois CNOOC : le plateau nord-ouest de l’Australie et le Queensland Curtis LNG, le Bintulu de la Malaisie et Qatargas.

L’épidémie de coronavirus a entraîné une diminution de la demande de gaz naturel principalement utilisé dans son secteur industriel. Car les restrictions de voyage et la panique croissante perturbent les entreprises chinoises et étrangères, ce qui pèsent que les chaînes d’approvisionnement mondiales.

La Chine a déclaré qu’elle n’avait pas suffisamment de personnel pour travailler dans toutes ses installations d’importation de GNL en raison de l’épidémie virale. Un rapport d’IHS a déclaré que la croissance de la demande de GNL en Chine pourrait chuter de 38% en raison de la propagation de l’urgence sanitaire.

Les experts craignent que d’autres grands importateurs chinois de GNL ne suivent le même chemin. D’autant plus que la décision de CNOOC exercera une pression à la baisse encore plus forte sur les prix au comptant du GNL dans la région Asie-Pacifique, ce qui représente environ les deux tiers de la demande mondiale.