Les autorités de Hong Kong ont annoncé le 14 mai avoir gelé les avoirs du patron de presse pro-démocratie Jimmy Lai, dont ses participations dans les médias, pour avoir enfreint la loi sur la sécurité nationale.

Jimmy Lai

Le richissime magnat hongkongais de la presse, Jimmy Lai, a été condamné ce 14 mai à des peines qui lui vaudront 14 mois en prison. Il est depuis des décennies un ardent partisan du mouvement pour la démocratie à Hong Kong, et réprouvé par la Chine.

Le Bureau de sécurité, installé en 2020 à Hong Kong dans le cadre de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, instaurée par la Chine en juillet, a indiqué avoir donné l’ordre de geler les avoirs de Jimmy Lai dans le groupe de médias Next Digital, ainsi que «la propriété de comptes dans des banques locales de trois entreprises qu’il possède».

Au total, l’ensemble des sommes gelées correspondraient à environ 60 millions d’euros, selon le South China Morning Post. Jimmy Lai détient 70% des actions de son groupe de presse qui publie le quotidien Apple Daily, un tabloïd très populaire.

En avril, le commissaire de police hongkongais, Chris Tang, a accusé l’Apple daily, «d’inciter à la haine» la population. Des attaques non justifiées mais qui pourraient entraîner des sanctions contre le quotidien. De son côté, le patron du groupe, Cheung Kim-hung, a affirmé que cette opération sur les avoirs de Jimmy Lai n’affecterait pas le fonctionnement du journal.

Le milliardaire de 73 ans irrite depuis la Chine pour son soutien de ses journaux au mouvement pro-démocratie à l’origine de manifestations gigantesques en 2019. D’ailleurs, en avril 2021, le patron de presse hongkongais Jimmy Lai a été condamné à un total de 14 mois de prison pour sa participation en 2019 à des manifestations interdites en faveur de la démocratie dans l’île.

Jimmy Lai et neuf autres activistes ont été condamnés à des peines de prison ferme (allant jusqu’à 18 mois) ou avec sursis. L’avocat Martin Lee a notamment écopé d’une peine de 11 mois de prison avec sursis.

Ce dernier a contribué à la création du Parti démocratique de Hong Kong dans les années 1990 et est souvent surnommé « le père de la démocratie » dans l’ancienne colonie britannique. Jimmy Lai est en détention provisoire depuis décembre 2020 en raison de poursuites dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale.

La justice de Hong Kong a jusqu’ici rejeté ses demandes de libération sous caution et c’est la première fois qu’il est condamné à une peine de prison. Les 14 mois de prison que le patron de presse va devoir purger sont le résultat de l’addition de peines prononcées dans deux procès distincts vendredi, pour avoir participé à des rassemblements interdits au cours de l’été 2019, les 18 et 31 août.

L’arrestation de Jimmy Lai l’été dernier et les multiples accusations à son encontre ont suscité la réprobation de certains pays occidentaux et de groupes de défense des droits de l’homme, inquiets des atteintes aux libertés publiques dans ce centre financier international.

Le mouvement pro-démocratie de 2019 a été déclenché par les tentatives de la Chine de renforcer sa mainmise sur Hong Kong en rognant sur les libertés garanties dans l’accord de rétrocession de 1997.

Hong Kong est depuis plongé dans une crise politique sans précédent et la Chine y a encore renforcé avec l’instauration d’une loi de sécurité nationale sanctionnant ce que la Chine considère comme des activités de sécession, subversion, terrorisme et collusion avec des puissances étrangères.