La Chine a réussi ce 15 mai à poser un petit robot téléguidé à la surface de Mars, une première pour la Chine lors d’une mission particulièrement délicate.

«L’atterrisseur transportant le premier rover martien de la Chine a atterri sur Mars, a confirmé samedi matin l’Administration nationale de l’espace de Chine (ANEC). C’est la première fois que la Chine a posé une sonde sur une planète autre que la Terre», a précisé l’agence de presse, Xinhua.

L’atterrissage a eu lieu à 7h18 heure de Beijing (23H18 GMT vendredi) dans une zone de Mars nommée « Utopia Planitia« , une vaste plaine située dans l’hémisphère nord de Mars, a précisé l’agence spatiale chinoise (CNSA).

Atterrir sur la planète rouge est loin d’être aisé. Aux premières heures du 15 mai, la sonde Tianwen-1 a commencé à descendre de son orbite de stationnement et la capsule d’entrée contenant l’atterrisseur et le rover s’est séparée de l’orbiteur vers 4h00.

Après avoir volé pendant environ trois heures, la capsule d’entrée s’est élancée vers la planète rouge et est entrée dans l’atmosphère de Mars à une altitude de 125 km, initiant ainsi la phase la plus risquée de toute la mission, a expliqué Xinhua.

Lorsque l’engin a ralenti avec le frottement de l’atmosphère martienne, un énorme parachute a été déployé pour continuer à réduire la vitesse à moins de 100 mètres par seconde.

Le parachute et le bouclier extérieur de la sonde ont ensuite été largués, exposant l’atterrisseur et le rover, et la rétrofusée de l’atterrisseur a été tirée pour ralentir encore plus la vitesse de la sonde jusqu’à presque zéro.

«La descente de la sonde à travers l’atmosphère martienne, qui a duré environ neuf minutes, a été extrêmement compliquée sans aucun contrôle au sol, et a dû être effectuée par la sonde de manière autonome», a expliqué Geng Yan, responsable du Centre de l’exploration lunaire et du programme spatial de l’ANEC.

«Chaque étape n’avait qu’une chance et les actions étaient étroitement liées. S’il y avait eu le moindre défaut, l’atterrissage aurait échoué», a indiqué ce dernier. En effet, dans le passé, de nombreuses missions européennes, soviétiques et américaines se sont soldées par des échecs.

En 2011, la Chine a bien essayé d’expédier vers Mars une sonde, lors d’une mission commune avec la Russie. Mais la tentative avait capoté et la Chine avait décidé de poursuivre l’aventure seul.

Les chinois ont ainsi lancé en juillet 2020 depuis la Terre leur mission inhabitée « Tianwen-1″, du nom de la sonde envoyée dans l’espace. Cette sonde « Tianwen-1″ est composée de trois éléments: un orbiteur (qui tourne autour de Mars), un atterrisseur (qui s’est posé sur la planète rouge) et à bord un robot téléguidé, « Zhurong ».

Chen Lan, analyste du site GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois, a expliqué que compte tenu de la « très importance distance » avec la Terre, « Tianwen-1 » a dû « se poser toute seule » sans aide extérieure.

En février, « Tianwen-1 » s’était installée en orbite martienne et avait réussi à prendre des clichés de la planète rouge. Ce 15 mai, la Chine est parvenue à poser l’atterrisseur, qui doit permettre au robot « Zhurong », de sortir.

« Zhurong » doit conduire des analyses du sol, de l’atmosphère, prendre des photos et cartographier Mars. La mission sur Mars doit aussi chercher d’éventuels signes de vie passée.

« Zhurong » possède des panneaux solaires pour son alimentation électrique et est censé être opérationnel durant trois mois. Le robot est également équipé de caméras, d’un radar et de lasers qui lui permettront notamment d’étudier son environnement et d’analyser la composition des roches martiennes.