Inscrit en 2018 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, les bains médicinaux Lum de la Sowa Rigpa sont une pratique développée par les Tibétains.

Cette pratique est basée sur des principes de vie reposant sur les cinq éléments et l’idée que la santé et la maladie dépendent de trois humeurs : Lung, Tripa et Pekan. En tibétain, Lum désigne les connaissances et pratiques traditionnelles liées aux bains dans des sources naturelles chaudes. Cette eau est additionnée de plantes et la vapeur rééquilibre le corps et l’esprit, afin de garantir la santé et soigner les maladies.

Influencés par la religion bön et le bouddhisme tibétain, les bains Lum reflètent les expériences populaires en matière de prévention et de traitement des maladies. Le Lum inclut également l’astrologie, les rituels, les croyances religieuses traditionnels du Tibet et de nombreux autres aspects de la vie quotidienne.

Ils illustrent la transmission des connaissances traditionnelles, présentées dans le traité Gyushi des quatre tantras, dans la pratique médicale actuelle. Les détenteurs de ces traditions et les praticiens sont des agriculteurs, des bergers et des citadins résidant dans les zones concernées.

Le Manpa (médecin), le Lum Jorkhan (pharmacien) et le Manyok (assistant) ont la responsabilité de transmettre les connaissances et les pratiques. Cette transmission se fait de génération en génération dans le cadre de la vie quotidienne, de rituels religieux, d’activités folkloriques et de pratiques médicinales.

La transmission des connaissances et des pratiques indispensables à la survie de cette tradition tibétaine

D’autant que ces bains médicinaux améliorent les conditions de santé, encouragent un code de comportements sociaux et promeut le respect de la nature. Cette transmission est désormais intégrée au programme des facultés de médecine moderne en tant que complément aux enseignements formels.

Le bain Lum fait partie du patrimoine de la région autonome du Tibet, ainsi que dans certaines zones des provinces du Qinghai, du Sichuan, du Yunnan et du Gansu habitées par des Tibétains.

En Chine continentale, certaines parties de cette pratique sont devenues un patrimoine culturel immatériel national en 2008 et 2014. En 2015, un plan spécial a été conjointement élaboré par le Centre national de protection du patrimoine culturel immatériel et le Département culturel de la région autonome du Tibet, afin de protéger ses connaissances et pratiques, au sein des communautés locales.

De nombreuses méthodes ont été utilisées, comme la création d’une base de données, la promotion de ses connaissances par le biais de manuels scolaires et la multiplication des programmes de formation médicale destinés aux résidents locaux.