La hausse des capacités militaires de la Chine, et notamment nucléaire, inquiète l’amiral Charles Richard, commandant du commandement stratégique des États-Unis, en charge de l’armement nucléaire américain. Pour le Premier ministre chinois, Li Keqiang, « le gouvernement chinois soutient fermement le développement actif et ordonné de l’énergie nucléaire« .

Ce dernier a déclaré que les chinois « développent leurs capacités sur le terrain plus rapidement que nous ». « Si j’évalue notre niveau de dissuasion à l’égard de la Chine, le navire coule lentement. Il coule lentement, mais il coule, car fondamentalement, ils développent leurs capacités sur le terrain plus rapidement que nous« , s’est-il inquiété lors du colloque annuel de la Ligue navale des Forces sous-marines.

Cette production posera « un problème à court terme« , a-t-il alerté sur CNN. Selon lui, « alors que ces courbes continuent (le développement de l’armement nucléaire chinois, NDLR), peu importe la qualité de notre plan opérationnel ou la qualité de nos commandants, ou la qualité de nos forces – nous n’en aurons pas assez« .

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« Les capacités sous-marines sont toujours celles… peut-être le seul véritable avantage asymétrique que nous ayons encore contre nos adversaires », a-t-il assuré, selon les extraits relayés par le ministère de la défense américain.

L’amiral a estimé, un grain alarmiste, que « cette crise ukrainienne […] n’est que l’échauffement », car « le grand moment est en train d’arriver. Et il ne faudra pas longtemps avant que nous soyons défiés d’une manière que nous n’avons pas connue depuis longtemps ».

Il a également insisté pour que les États-Unis augmentent rapidement leur capacité à produire rapidement des matériels militaires du passé. « Avant, nous savions comment aller vite, et nous avons perdu l’art de le faire ». Il a souhaité que les États-Unis retrouvent un état d’esprit conquérant et productif, « sinon, la Chine va tout simplement nous surpasser, et la Russie n’ira nulle part de sitôt ».

En 2021, l’amiral Charles Richard avait déjà prévenu que « nous assistons à une percée stratégique de la Chine. La croissance explosive et la modernisation de ses forces nucléaires et conventionnelles ne peuvent être que ce que je décris comme époustouflantes, et, franchement, ce mot époustouflant pourrait ne pas être suffisant ».

Qualifiée par l’administration Biden de « principal concurrent mondial », la Chine a « probablement l’intention de posséder au moins 1000 ogives livrables d’ici la fin de la décennie », selon un article publié dans la Nuclear Posture Review.

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De son côté, le Premier ministre Li Keqiang a indiqué que « l’énergie nucléaire est une énergie sûre, stable, efficace et propre. Le développement et l’utilisation pacifiques de l’énergie nucléaire insufflent non seulement un nouvel élan au développement humain, mais jouent également un rôle important dans la garantie de la sécurité énergétique, la lutte contre le changement climatique, la promotion de la transformation énergétique verte et à faible émission de carbone, et le développement de la fabrication d’équipements haut de gamme ».

Ce dernier a souligné, dans une lettre de félicitations à la 23e Conférence nucléaire du bassin du Pacifique, organisée simultanément à Beijing et à Chengdu, que « le gouvernement chinois soutient fermement le développement actif et ordonné de l’énergie nucléaire, et encourage vigoureusement le progrès technologique et le développement industriel dans ce domaine, à condition de garantir la sécurité absolue ».