Le prix Nobel de la paix chinois Liu Xiaobo a été libéré de prison en mai 2017, après avoir été diagnostiqué le mois dernier d’un cancer du foie en phase terminale, a annoncé lundi son avocat Mo Shaoping, à l’Agence France Presse.

« Il est désormais soigné à l’hôpital de Shenyang. Il n’a aucun projet particulier. Il reçoit juste un traitement médical en raison de sa maladie », a déclaré ce dernier.

Ancien enseignant, intellectuel et dissident, il purgeait depuis 2009 une peine de 11 ans de réclusion pour « subversion« , après avoir co-rédigé un texte prônant la démocratie en Chine, la Charte 08.

En 2010, il reçoit le prix Nobel de la paix alors qu’il était déjà emprisonné. En son absence, la récompense lui avait été remise de façon symbolique le 10 décembre 2010 à Oslo, l’opposant étant représenté par une chaise vide.

L’attribution du Nobel avait suscité une vive colère de la part de Beijing, qui avait de ce fait gelé ses relations de haut niveau avec la Norvège. La communauté internationale avait multiplié les appels au fil des ans pour presser Beijing de libérer Liu Xiaobo.

Son épouse Liu Xia reste en revanche toujours assignée à résidence, a indiqué lundi à l’AFP Patrick Poon, un chercheur de l’ONG Amnesty International spécialiste de la Chine.

Bien qu’elle ne fasse l’objet d’aucune accusation officielle, Mme Liu, assignée à résidence depuis 2010, n’a pas d’accès à internet, n’est pas autorisée à recevoir chez elle des visiteurs, et ne peut que rarement parler par téléphone à des membres de sa famille. Liu Xia n’a pas pu être jointe lundi par l’AFP.

Interrogé sur la libération de Liu Xiaobo, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a indiqué « ne pas être au courant de la situation ».