Framatome, filiale du groupe français EDF, a annoncé ce 14 juin surveiller « l’évolution d’un des paramètres de fonctionnement » de la centrale nucléaire de Taishan, dans le sud de la Chine.

Centrale nucléaire de Taishan

Cette annonce intervient après que la chaîne américaine CNN a rapporté une possible fuite radioactive sur le site.

La chaîne américaine a rapporté que le groupe français Framatome a prévenu les autorités américaines d’un «risque radioactif imminent» à la centrale EPR chinoise le 3 juin 2021.

La centrale « est dans son domaine de fonctionnement et de sûreté autorisé », a précisé Framatome dans une déclaration. La société a participé à la construction de la centrale.

D’après CNN, sur la base d’une lettre envoyée par Framatome au département de l’Energie américain, a fait état d’une possible « fuite » dans cette centrale, qui comporte deux réacteurs EPR de technologie française, construits par EDF.

Toujours selon la chaîne américaine, les autorités de sûreté de Chine auraient également relevé les limites acceptables de radiation à l’extérieur du site pour éviter d’avoir à mettre la centrale à l’arrêt.

« Framatome apporte son soutien à l’analyse de l’évolution d’un des paramètres de fonctionnement de la centrale nucléaire de Taishan », a indiqué l’entreprise française, sans jamais parler de fuite ni dire lequel de ces « paramètres » était surveillé.

« Sur la base des informations disponibles, la tranche est dans son domaine de fonctionnement et de sûreté autorisé », a-t-elle ajouté, sans autre précision.

De son côté, l’exploitant de la centrale, China General Nuclear Power Group (CGN), a fait état dans un communiqué d’indicateurs environnementaux « normaux », sans faire directement référence aux informations de CNN.

« A l’heure actuelle, la surveillance continue des données environnementales montre que les indicateurs environnementaux de la centrale nucléaire de Taishan et ses environs sont normaux », a indiqué le groupe chinois, CGN.

Les deux réacteurs de Taishan sont pour l’instant les seuls EPR à être entrés en service dans le monde.  Ils avaient démarré en 2018 et 2019. EDF est actionnaire à 30% de la coentreprise chargée de construire et d’exploiter ces deux réacteurs de 1.750 MW chacun. Les groupes chinois CGN et Guangdong Energy Group ont des participations respectives de 51% et de 19%.

Dans un communiqué, EDF a annoncé avoir été informé d’une augmentation de la concentration de certains gaz rares au niveau du réacteur EPR n°1 de la centrale nucléaire de Taishan, en Chine.

L’électricien français déclare dans un communiqué avoir demandé la tenue d’un conseil d’administration extraordinaire de TNPJVC, propriétaire et exploitant de cette centrale et coentreprise d’EDF et de CGN.

Concrètement, il s’agit d’une de fuite d’un ou plusieurs crayons de combustible, contenant des pastilles d’uranium enrichi, contenues dans des gaines faites d’un alliage au zirconium. Lorsqu’une fuite ou une rupture survient, des gaz rares radioactifs, comme le xénon ou le krypton, s’échappent dans le circuit primaire.

La Chine compte une cinquantaine de réacteurs en fonctionnement ce qui la classe au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et la France. Le mois dernier, les présidents russes Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping avaient salué le lancement des travaux de construction de nouveaux réacteurs en Chine en partenariat avec l’agence russe Rosatom.