Alors que la pandémie de Covid-19 a fait 9 198 cas confirmés et 414 morts officiellement recensés dans 51 pays africains, selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, la lutte contre la maladie se situe à un autre niveau : l’économique, notamment celui de la dette.

D’après Ken Ofori-Atta, ministre des Finances du Ghana, la Chine, premier partenaire commercial de l’Afrique, peut faire beaucoup plus pour aider les pays africains à alléger leur dette.

Selon les chiffres révélés par ce dernier, la dette africaine envers la Chine s’élève à environ 145 milliards de dollars (130,5 mds €), dont 8 milliards de dollars (7,2 mds €) doivent être payés cette année. La situation paraît intenable pour le continent, alors que les estimations prédisent que 20 millions d’emplois en Afrique seront mis en danger par la pandémie.

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Pour mobiliser les fonds nécessaires à la riposte contre la maladie, les gouvernements africains ont appelé il y a quelques jours leurs créanciers à leur accorder une exonération du paiement des intérêts sur les dettes et obligations de leurs pays respectifs, estimés pour 2020 à 44 milliards de dollars (39,6 mds €).

Des moratoires et des programmes d’annulation de dette ont également été demandés par plusieurs chefs d’État. En effet, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres a demandé un moratoire sur la dette des pays pauvres ou, au moins, sur le paiement des intérêts.

D’ailleurs, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a demandé, le 30 mars, que les pays en développement reçoivent une aide de 2 500 milliards de dollars (2250 mds €) pour faire face à la crise sanitaire et économique du Covid-19 et notamment que 236 milliards de dollars (212,4 mds €) de la dette africaine soient reportés ou annulés.

De plus, une récente étude étude de l’Union africaine (UA) avance deux scénarios. Le premier, qualifié de «réaliste», prévoit que la pandémie dure jusqu’en juillet et que l’Afrique «n’est pas trop affectée». Le deuxième, «pessimiste», prévoit une persistance du Covid-19 jusqu’à août, dans ce cas le continent serait vraiment affecté.

Dans les deux scénarios, la croissance économique en Afrique serait respectivement négative de -0,8 % et de -1,1 %. Or avant la pandémie, la Banque africaine de développement (BAD) estimé la croissance du continent à +3,4 % pour 2020. Le pronostic de la Banque mondiale, lui, s’élevait à 2,9 %.

Ces dernières années, la Chine particulièrement critiquée pour ses méthodes de prêts en faveur de l’Afrique, a accordé des annulations de dette à plusieurs pays du continent tels que la Zambie, la Centrafrique ou la Côte d’Ivoire.

Pour Ken Ofori-Atta, la Chine peut donc donner le ton en ayant un rôle beaucoup plus proactif dans le processus actuel et auprès de la communauté internationale. «Mon sentiment est que la Chine doit se montrer plus forte», a-t-il déclaré, lors d’un échange avec Masood Ahmed, président du Center for Global Development.