Le président français Emmanuel Macron a décroché le 9 janvier un accord pour Areva en Chine et a annoncé une levée de l’embargo chinois sur la viande de boeuf.

Après une visite de la Cité interdite, le président français a été accueilli solennellement au colossal Palais du peuple bordant la place Tiananmen à Beijing, passant les troupes en revue aux côtés du président Xi Jinping.

A l’issue d’un entretien avec le président chinois, les deux hommes ont assisté à la signature de plusieurs documents. La France cherche ainsi à « rééquilibrer » ses relations commerciales avec la Chine, dont le déficit extérieur atteignait déjà 30 milliards d’euros en 2016.

Un « mémorandum pour un accord commercial » sur la construction par Areva d’une usine de traitement des combustibles nucléaires usagés a d’ailleurs été signé en présence des deux présidents. D’un montant de 10 milliards d’euros « immédiats », cet accord « sauvera la filière« , pour le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Cet accord pour Areva arrive après 10 années de négociations avec son partenaire chinois CNNC.

« Nous avons l’assurance du contrat avec une échéance: sa signature au printemps », a assuré Bruno Le Maire. A cela s’ajoute le réacteur EPR, construit par EDF dans le sud de la Chine, qui devrait démarrer d’ici juin 2018.

La Chine va complètement lever « dans les six mois » l’embargo sur la viande bovine française qu’elle imposait depuis 2001 à la suite de la crise de la vache folle, a annoncé Emmanuel Macron.

Ce dernier espérait obtenir aussi un meilleur accès au marché chinois pour ses autres produits agricoles (viande porcine, volaille, vins et spiritueux) ainsi que pour ses banques, et conclure des ventes d’Airbus et de moteurs Safran.

De son côté, Paris encourage les investissements chinois en France, mais Bruno Le Maire a confié qu’il refusait « beaucoup » de projets d’investissement chinois, se disant opposé aux « investissements de pillage » de l’économie française.

Interrogé en marge de la visite du président Emmanuel Macron en Chine, Bruno Le Maire a indiqué : « on accepte des investissements sur le long terme et pas des investissements de pillage ».

Emmanuel Macron a assisté à la signature d’un contrat avec le géant chinois de la vente en ligne JD.com, qui s’est engagé à vendre sur ses plateformes pour 2 milliards d’euros de produits français aux consommateurs chinois sur les deux prochaines années. JD.com s’est également dit prêt à s’implanter en France.

Le président français a appelé la France à s’adapter au défi de la deuxième puissance économique mondiale. « La Chine est en train de poursuivre sa stratégie de développement économique et, compte tenu de la taille de ce marché, cela a un impact sur toute la mondialisation. Le devoir de la France est de bien comprendre ces mouvements (…) Cela suppose une France forte: si la France ne sait pas s’adapter, elle sera effacée« , a-t-il averti lors d’un discours dans un incubateur d’entreprises.