Le ministère de la Défense de Taïwan a évoqué les problèmes que pourrait rencontrer la Chine, en cas d’une invasion complète de l’île, tant du point de vue du débarquement et du ravitaillement de troupes.

Les tensions entre la Chine et Taiwan ont augmenté ces deux dernières années alors que la Chine intensifie ses activités militaires près de Taïwan pour faire pression sur elle afin qu’elle accepte le Consensus de 1992, basé sur le principe d’une seule Chine.

Dans un rapport à destination de l’Assemblée législative taiwanaise, le ministère de la Défense de Taïwan a déclaré que la capacité de transport de la Chine était limitée et qu’elle ne serait pas en mesure de débarquer toutes ses forces en une seule fois.

Suivez l’état de la situation entre la Chine et Taiwan : cliquez ici !

D’après ce rapport, l’Armée populaire de libération devrait s’appuyer sur des navires rouliers « non standard » qui auraient besoin d’utiliser des installations portuaires, et des avions de transport qui auraient besoin d’aéroports.

« Cependant, l’armée (taiwanaise) défend fermement les ports et les aéroports, et ils ne seront pas faciles à occuper dans un court laps de temps », a déclaré le ministère dans son rapport, dont une copie a été examinée par l’agence de presse Reuters.

« Les opérations de débarquement seront confrontées à des risques extrêmement élevés« , selon les auteurs du document. D’autant plus que la logistique de la Chine serait également confrontée à des défis. Toutes les forces de débarquement devraient être réapprovisionnées en armes, en nourriture et en médicaments à travers le détroit de Taiwan qui sépare l’île du continent, ont indiqué les rapporteurs.

Le texte indique que « l’armée nationale a l’avantage que le détroit de Taiwan est un fossé naturel et peut utiliser des opérations d’interception conjointes, coupant les approvisionnements de l’armée communiste, réduisant considérablement l’efficacité au combat et l’endurance des forces de débarquement ».

Lorsque le ministre des Affaires étrangères de Taiwan met en garde contre « un combat jusqu’au bout dans une guerre imminente avec la Chine, nous devons faire attention », car « Taïwan n’attend pas que la Chine continentale attaque ; en ce qui le concerne, la bataille a déjà commencé », selon Reuters.

La Chine devrait également garder certaines de ses forces en réserve pour freiner les forces étrangère qui souhaiteraient se joindre à Taïwan et surveiller de près d’autres zones sensibles de la frontière chinoise, comme avec l’Inde et dans la mer de Chine méridionale, a déclaré le ministère.

« Les bases militaires américaines et japonaises sont proches de Taïwan, et toute attaque communiste chinoise serait nécessairement surveillée de près, et elle aurait besoin de réserver des forces pour empêcher une intervention militaire étrangère », a ajouté le ministère de la Défense de Taiwan.

La dirigeante taïwanaise Tsai Ing-wen supervise un programme de modernisation militaire visant à rendre l’île plus difficile à attaquer, à rendre l’armée plus mobile et à l’équiper d’armes de précision comme des missiles à plus longue portée à utiliser contre une force attaquante.

Le gouvernement prévoit des dépenses militaires supplémentaires de 240 milliards de dollars (10,8 milliards d’euros) au cours des cinq prochaines années, principalement destinées aux armes navales, dont les missiles et les navires de guerre.