La Chine a considéré le 5 octobre que les États-Unis étaient responsables du tir de missile balistique nord-coréen, les accusant d’«empoisonner» l’environnement sécuritaire de la région, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

«Prenant note» du lancement par Pyongyang d’un missile balistique qui est passé au-dessus du Japon, l’ambassadeur chinois adjoint Geng Shuang a souligné les «nombreux exercices militaires conjoints menés par les États-Unis et d’autres pays dans la région».

«Les récents lancements de la Corée du Nord sont étroitement liés à la série d’exercices militaires dans la région», a-t-il affirmé.

«Sur la question nucléaire, les États-Unis jouent un deux poids-deux mesures et sont engagés dans des manœuvres politiques empoisonnant l’environnement sécuritaire de la région. Dans ce contexte, les tensions accrues dans la péninsule ne devraient pas être une surprise», a ajouté le représentant chinois.

Geng Shuang a appelé Washington à la «sincérité» et à «répondre aux inquiétudes raisonnables» de Pyongyang. Il a rappelé que la Chine et la Russie avaient proposé fin 2019 une résolution pour alléger les sanctions contre la Corée du Nord. Ce texte pourrait «créer une atmosphère favorable» vers la «reprise du dialogue», selon lui.

«La Chine et la Russie veulent récompenser la Corée du Nord pour ses mauvaises actions et cela ne peut pas être pris au sérieux par la Conseil», a répondu l’ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield.

Cette dernière a réfuté toute responsabilité dans les tirs nord-coréens et a appelé à «renforcer les sanctions plutôt que de les alléger».

En mai 2022, la Chine et la Russie avaient mis leur veto au Conseil de sécurité à une résolution des États-Unis imposant de nouvelles sanctions à la Corée du Nord. Or en 2017, le Conseil avait adopté à l’unanimité trois séries de sanctions lourdes.

Les Etats-membres du Conseil de sécurité sont divisé sur la question de la Corée du nord, avec la Russie et la Chine d’un côté, le reste du Conseil de l’autre. «La situation est grave, le Conseil doit agir, il doit condamner unanimement cette nouvelle provocation», a indiqué l’ambassadeur français Nicolas de Rivière, apportant son soutien à un projet de texte préparé par les Américains.

Le ministère des affaires étrangères de la Corée du Nord a de son côté dénoncé les propos des États-Unis, qualifiant son tir de missile de «réponse» aux exercices militaires États-Unis/Corée du Sud, selon l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA