Selon un think tank américain, l’armée américaine n’aurait plus la puissance nécessaire pour intimider l’Armée Populaire de Libération. De plus, Washington pourrait perdre une course à l’armement nucléaire contre la Chine.

« Les États-Unis ont perdu leur suprématie militaire conventionnelle sur la Chine », ont assuré les auteurs d’un long rapport publié par l’un des plus prestigieux think tanks américains : la Brookings Institution.

Selon ce groupe de réflexion, l’armée américaine ne serait plus en mesure d’intimider la République populaire de Chine, et ne serait donc plus en capacité de dissuader le président chinois Xi Jinping d’envahir Taïwan. En effet, les rapporteurs ont indiqué que la stratégie traditionnelle du Pentagone pour empêcher Pékin d’agresser Taipei pourrait être « extrêmement difficile à réaliser », compte tenu des progrès militaires de la Chine.

La « dissuasion par l’US Navy » est fondée sur la vaste flotte des États-Unis et surtout de leurs porte-avions. Mais, la Chine possède déjà la plus grosse marine militaire au monde en nombre de navires de guerre.

La flotte chinoise possède 350 bateaux et sous-marins alors que la marine américaine possède 293 bâtiments. De plus, le gouvernement chinois a décidé de moderniser sa flotte et souhaite aussi construire davantage de navires amphibiens et de porte-avions pour accroître sa puissance globale.

Le rapport de la Brookings Institution a aussi souligné les investissements croissants de l’armée chinoise dans des domaines, tels que les missiles, le renseignement, les communications et la cyberguerre.

Or un autre rapport publié en 2021 par le Pentagone affirmait déjà que l’armée américaine devrait utiliser toutes ses ressources pour repousser une invasion chinoise contre Taïwan.

« Lors des simulations de combat que nous avons menées, l’armée de l’air taïwanaise est annihilée en à peine quelques minutes. L’US Navy et l’US Air Force ne sont même pas en mesure d’aider Taipei car les missiles chinois détruiraient tous les navires et avions qui s’approcheraient trop près du champ de bataille. Pire encore, les bases américaines situées dans l’océan Pacifique seraient attaquées et pourraient même être détruites », a reconnu dans ce rapport, David Ochmanek, un ancien haut responsable du Pentagone.

Devant la montée en puissance militaire de la Chine, la Brookings Institution craint que les États-Unis se lancent dans une nouvelle course à l’armement nucléaire avec la Chine. Selon le think-tank, Washington va également perdre face à Pékin, car les experts estimaient que la Chine disposait d’environ 200 à 300 ogives nucléaires pouvant être lancées, contre 3.750 armes actives pour les États-Unis.

Le Pentagone a indiqué que la Chine pourrait disposer de 700 ogives d’ici 2027 et d’au moins 1 000 d’ici 2030. Un arsenal suffisant pour tenir tête à Washington, qui fait face à de nombreux obstacles l’empêchant de retrouver une supériorité nucléaire totale.

« Et même si ces obstacles étaient surmontés, les États-Unis ne pourraient probablement pas produire des noyaux de plutonium assez rapidement pour concurrencer la Chine et encore moins la Russie », ont expliqué les rapporteurs.

La Brookings Institution a indiqué que « de manière encore plus générale, une course aux armements nucléaires contre la première puissance manufacturière du monde semble être un exercice futile. »

Le think-tank propose pour empêcher une potentielle invasion de Taïwan que les États-Unis jouent la carte des menaces économiques. Ainsi, « au lieu d’essayer d’intimider militairement la Chine, Washington et ses pays alliés devraient indiquer clairement qu’ils se découpleront économiquement de la Chine et réduiront leur propre vulnérabilité à la pression économique chinoise », ont écrit les rapporteurs.