Les États-Unis ont accusé le 5 octobre la Chine et la Russie d’avoir protéger Pyongyang des tentatives de renforcement des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU imposées sur ses programmes d’armes nucléaires et de missiles balistiques.

« La RPDC (Corée du Nord) a bénéficié d’une protection totale de la part de deux membres de ce conseil », a déclaré l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield. « En bref, deux membres permanents du Conseil de sécurité ont permis à Kim Jong Un. »

Le conseil de 15 membres s’est réuni le 5 octobre pour échanger sur le dossier nord-coréen, après que Pyongyang, dotée d’armes nucléaires, a tiré le 4 octobre un missile balistique qui a survolé le Japon pour la première fois en cinq ans et incité les habitants à se mettre à l’abri.

La Chine et la Russie ne voulaient pas de cette réunion publique du conseil, jugeant que cela ne serait pas propice à l’apaisement de la situation.

Cependant, après la réunion du 5 octobre, neuf membres du Conseil de sécurité (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Albanie, Brésil, Inde, Irlande, Norvège, Émirats arabes unis) ont condamné le lancement de missiles nord-coréens dans une déclaration commune.

L’ambassadeur adjoint de Chine à l’ONU, Geng Shuang, a déclaré que le Conseil de sécurité devait jouer un rôle constructif « au lieu de s’appuyer uniquement sur une rhétorique ou des pressions fortes ».

« Les discussions et les délibérations devraient contribuer à une détente plutôt qu’à alimenter l’escalade. Elles devraient favoriser la reprise du dialogue au lieu d’élargir les différences et forger l’unité au lieu de créer des divisions », a-t-il déclaré.

En mai, la Chine et la Russie ont opposé leur veto à une pression menée par les États-Unis pour imposer davantage de sanctions de l’ONU à la Corée du Nord pour ses nouveaux lancements de missiles balistiques.

Cette question divise publiquement le Conseil de sécurité de l’ONU pour la première fois depuis qu’il a commencé à punir Pyongyang en 2006. Pour l’ambassadrice adjointe de Russie à l’ONU, Anna Evstigneeva, « l’introduction de nouvelles sanctions contre la RPDC est une impasse » et n’apporte « aucun résultat ».

« Nous sommes convaincus que les mécanismes de l’ONU et du Conseil de sécurité doivent être utilisés pour soutenir le dialogue intercoréen et les négociations multilatérales plutôt que d’en devenir un obstacle », a-t-elle déclaré.

La Corée du Nord avait interdiction durant plusieurs années de procéder à des essais nucléaires et à des lancements de missiles balistiques par le Conseil de sécurité. Par la suite, le Conseil a renforcé les sanctions contre Pyongyang au fil des ans, afin de tenter de couper le financement de ces programmes.

Au cours des dernières réunions du conseil, la Chine et la Russie ont apposé leur veto pour de nouvelles sanctions, et suggéré qu’elles soient assouplies à des fins humanitaires et pour inciter Pyongyang à reprendre des pourparlers internationaux bloqués, dans le but de persuader Kim Jung-Un de dénucléariser.

« C’est un effort clair de la Chine et de la Russie pour récompenser la RPDC pour leurs mauvaises actions et cela ne peut pas être pris au sérieux par ce conseil », a déclaré Linda Thomas-Greenfield, faisant référence au nom officiel de la Corée du Nord – la République populaire démocratique de Corée.

La Chine et la Russie ont accusé les exercices militaires conjoints des États-Unis et de la Corée du Sud d’avoir provoqué la Corée du Nord. L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield a rejeté ces propos, estimant qu’il n’y a « pas d’équivalence entre ces deux activités ».