mardi, juillet 16

Voitures électriques chinoises : Pékin et Bruxelles vont négocier les droits de douane

La Chine et l’Union européenne veulent négocier ensemble, a révélé l’agence de presse, Reuters. Dans la journée du 22 juin, les autorités bruxelloises ont publié un plan visant à imposer des droits de douane sur les voitures électriques chinoises, sauf si un autre accord ne soit trouvé avec la Chine. En effet, l’UE accuse Pékin de subventionner les modèles à batterie.

La date et le cadre des négociations n’ont pas été précisés mais les associations professionnelles allemandes ont salué la volonté de la Chine et de l’Union européenne de négocier.

L’UE parle de « discussions constructives »

Le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, et le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, s’étaient entretenus le 22 juin par visioconférence. A la suite de cet entretien, un communiqué du ministère chinois du Commerce a indiqué que les deux parties avaient convenu d’entamer des consultations sur l’enquête anti-subvention de l’UE sur les véhicules électriques chinois.

Un porte-parole de la Commission européenne a qualifié la discussion entre les deux parties d’« ouverte et constructive ». Cependant, l’UE a souligné que le résultat des négociations devait être efficace contre les subventions nuisibles.

L’industrie allemande craint un assouplissement trop rapide

« Le fait que la Chine se montre ouverte aux négociations, tout comme l’UE, est un premier pas important vers un accord », a déclaré Hildegard Müller, présidente de la Fédération de l’industrie automobile (VDA). Selon elle, l’objectif doit être une concurrence équitable pour tous. « Les deux parties sont maintenant appelées à mener les négociations de manière ouverte et constructive ».

De son côté, Wolfgang Niedermark, membre de la direction générale de la fédération industrielle BDI, a également salué les négociations prévues, car il n’y a aucun intérêt à une escalade incontrôlée. Mais l’UE serait bien avisée de rester sur sa lancée et de « montrer un peu les dents », a déclaré ce dernier, qui accompagne Robert Habeck lors de son voyage en Chine.

Selon lui, d’autres secteurs que l’automobile sont en surcapacités et perturbent le marché, ainsi que d’autres branches. « Et il faut s’y attaquer ».

La Commission européenne a publié ses possibles pénalités à la mi-juin. Ainsi, les droits de douane peuvent atteindre 38,1%, et seraient retenus rétroactivement dans certains cas à partir du mois de juillet si aucun autre accord n’est trouvé avec la Chine. La décision finale d’imposer ou non des droits de douane à la Chine devrait être prise avant début novembre.

Lire aussi : L’UE va appliquer des droits de douane sur certains véhicules électriques chinois importés

Robert Habeck salue un début prometteur

« C’est un premier pas et beaucoup d’autres seront nécessaires », a déclaré le ministre allemand Robert Habeck, le 22 juin à Shanghai. Dans la journée, il s’est entretenu à Pékin avec des responsables politiques chinois, dont le ministre du Commerce Wang, concernant la menace de droits de douane. Robert Habeck a indiqué à la presse, dont Reuters, qu’il avait l’impression que ses messages étaient de plus en plus percutants au fil de la journée.

Avant cette visite, le ministre allemand avait souligné qu’il ne s’agissait pas de droits de douane punitifs généralisés, mais des droits destinés à compenser des avantages concurrentiels déloyaux. Ne critiquant pas le fait que la Chine produise nettement plus de biens qu’elle n’en consomme elle-même, il a souligné que « la surcapacité n’est pas le problème et n’est pas non plus un reproche » – ni les subventions. Pour lui, le problème vient du fait que l’Etat chinois utilise des fonds publics pour augmenter les possibilités d’exportation.

Concernant les compromis possibles dans les négociations à venir, Robert Habeck a dit en voir « quelques-uns, y compris dans le domaine de la mobilité électrique ». Mais c’est maintenant à la Chine de faire des propositions, et à la Commission européenne de mener les négociations.

Les voitures électriques chinoises 20% moins chères que les européennes

Depuis l’automne 2023, la Commission européenne enquête pour savoir si les voitures électriques chinoises bénéficient de subventions faussant la concurrence. Selon les données de la Commission, les voitures électriques chinoises sont généralement environ 20% moins chères que les modèles fabriqués dans l’UE.

La Commission a finalement conclu provisoirement que la chaîne de valeur des véhicules électriques à batterie (BEV) en Chine bénéficiait d’une subvention inéquitable. La Commission a donc menacé d’imposer des droits supplémentaires, car jusqu’à présent, les droits de douane sont de 10%.

La décision de Bruxelles fait suite à des mesures similaires prises par les Etats-Unis, mi-avril 2024. En effet, le gouvernement américain a imposé des droits de douane spéciaux sur les voitures électriques, les semi-conducteurs, les panneaux solaires, les grues et d’autres produits en provenance de Chine.

Pékin proteste contre l’argument de surcapacité

Zheng Shanjie, chef de la Commission nationale du développement et de la réforme de Chine, a refusé l’argument de « surcapacité » de l’industrie chinoise des nouvelles énergies, préférant évoquer des principes du marché et de bon sens.

Ce dernier a indiqué lors d’une réunion de haut niveau entre la Chine et l’Allemagne sur le changement climatique et la transition verte, que « la Chine prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger les droits et les intérêts légitimes des entreprises chinoises ».

« Le développement de l’industrie chinoise des nouvelles énergies repose sur ses avantages en matière de technologies, de marché et de chaînes industrielles », a ajouté M. Zheng, précisant que « c’était le résultat de la concurrence du marché plutôt que de subventions ou de pratiques déloyales ».

« Le taux d’utilisation de la capacité de production des véhicules à énergie nouvelle (VEN) chinois reste à un niveau relativement élevé, la plupart des produits vendus sur le marché intérieur et les exportations ne représentant que 12,5% de la production », selon des données officielles, citées par l’agence de presse, Xinhua.

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