Militante féministe, Wu Rongrong a finalement été autorisée par les autorités chinoises à aller étudier le droit à Hong Kong, après avoir reçu une interdiction de sortie du territoire de dix ans.

Fin août, la jeune femme de 32 ans avait relayé sur Weibo des lettres de la police de sa province natale du Shanxi, lui signifiant une interdiction « sans précédent » : celle de quitter la Chine continentale durant les 10 prochaines années. « Je crois que leur refus de renouveler mes documents d’identité est un acte de répression pour cibler les féministes comme moi », expliquait-elle alors.

Les cinq militantes des Droits des femmes arrêtées : http://freethefive.tumblr.com/

Les autorités avaient argué qu’elle était la cible d’une enquête en cours, en raison de sa participation au « Feminist Five », ce groupe de cinq militantes féministes arrêtées en mars 2015 alors qu’elles s’apprêtaient à distribuer dans les transports publics de la capitale de simples autocollants pour dire « Non au harcèlement sexuel » à l’occasion de la Journée de la femme.

Placées en détention pour « provocation à la querelle » et « fomentation de troubles », les militantes avaient finalement été libérées au bout de plusieurs semaines. Cette libération a été possible après une forte mobilisation internationale d’Hillary Clinton, de Samantha Power (ex-ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU) et de l’Union européenne. La mobilisation a également été relayé en Chine, où des activistes s’étaient fait photographier avec des masques à l’effigie des « Feminist Five« .

Ces dernières années, des jeunes militantes chinoises dénoncent dans la rue ou sur les réseaux sociaux les violences domestiques, qui touchent une chinoise sur quatre, le harcèlement dans les transports publics, les inégalités professionnelles ou encore, le manque de sanitaires pour femmes.

Lors de son incarcération en 2015, Wu Rongrong avait expliqué ne pas être « une conspiratrice qui cherche à perturber l’ordre social, je veux juste attirer l’attention sur la tragédie des femmes face au harcèlement sexuel et appeler à des mesures publiques pour punir les auteurs ».

Cette dernière a expliqué au Financial Times « grâce aux efforts d’avocats et grâce à des négociations », qu’elle a pu voir son interdiction de quitter le territoire être levée.

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