Plus d’un demi-siècle après la chanson Fils de… de Jacques Brel, dont est tirée la formule « Tous les enfants sont des poètes », un anthropologue de Macao et une artiste polonaise ont repris cette phrase comme point de départ d’un happening participatif autour du langage, présenté à la Cricoteka de Cracovie.
Le 28 juin, Cheong Kin Man et Marta Stanisława Sala ont réuni une douzaine de participants à la Cricoteka, centre consacré à l’œuvre de Tadeusz Kantor, l’une des grandes figures européennes du théâtre d’avant-garde, afin d’inventer une langue fictionnelle composée d’idéogrammes, de gestes, de sons et d’objets textiles.
Présentée dans le cadre de l’exposition Wild Frolics. Exhibition for All (Jeux sauvages – Exposition pour petits et grands), l’intervention, intitulée Tous les enfants sont des poètes, invitait familles et enfants à explorer collectivement la communication au-delà des langues. Selon une présentation de la Cricoteka, les participants ont construit un dictionnaire éphémère avant de rejoindre les rives de la Vistule pour donner voix à leur langue nouvellement créée.
Inspirée du concept de « jeux de langage » de Ludwig Wittgenstein, l’œuvre cherchait à dialoguer avec les Recherches philosophiques du philosophe autrichien. Dans un entretien publié le 7 juillet par le Jornal Tribuna de Macau, les artistes ont expliqué que l’expérience reposait sur « la communication, la vulnérabilité et l’imagination collective ».
La directrice de la Cricoteka, Natalia Zarzecka, la commissaire Justyna Droń ainsi que les artistes Yana Tsishurava, Zlata Lebedz et Ludmiła Woźniczko ont pris part à la création, qui s’est achevée par la présentation performative d’une dizaine de nouveaux pictogrammes.
Le duo, installé entre Berlin et Lisbonne, a indiqué que cette recherche collective nourrirait les prochaines étapes d’une tournée artistique intercontinentale, avec une résidence et une exposition à Macao cet été, suivies de projets au Brésil, au Portugal et à la Biennale de São Tomé-et-Príncipe.
L’événement était placé sous le haut patronage du consul général d’Autriche, Martin Gärtner, et du Consulat général d’Allemagne.
Photo : Maciej Zygmunt / Cricoteka
Share this content:






