Pour la première fois, des ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Vatican, se sont rencontrés, alors que les deux états sont sans réelles relations diplomatiques depuis des décennies en raison de différends d’ordre religieux.

Le ministre chinois Wang Yi et son homologue Mgr Paul Gallagher se sont vus le 14 février à Munich, a d’après le Quotidien du peuple, dans le cadre d’une conférence sur la sécurité.

Une rencontre à ce niveau diplomatique est une première depuis près de 60 ans, le Vatican et la Chine n’ont plus de relations diplomatiques depuis les années 1950. Cependant, l’entrevue intervient dans un contexte de réchauffement des relations bilatérales depuis la signature d’un accord historique en 2018 sur la nomination des évêques en Chine.

«C’est aujourd’hui la première rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Vatican», a déclaré Wang Yi. «Cela ouvrira davantage d’espace pour les futurs échanges entre nos deux parties», s’est-il félicité ce dernier.

Le parti au pouvoir se méfie de toute organisation, notamment religieuse, qui pourrait remettre en question son autorité, et dans la logique communiste, la religion est l’opium du peuple qui pourrait le conduire à sa perte.

Raisons pour lesquelles, le pouvoir central s’est longtemps méfié du Vatican en raison de son influence potentiellement politique sur les 10 millions de catholiques chinois, qui sont censés ne fréquenter que les églises homologuées par l’État et dont le clergé est validé par le gouvernement. Mais beaucoup se rendent également dans des lieux de culte dirigés par des religieux fidèles au pape.

Les termes de l’accord «préliminaire», signé en 2018, stipule que le pape François reconnaît des évêques chinois nommés par Beijing sans son aval. Le texte donne toutefois aux deux parties un droit de regard sur les nominations. Malgré le rapprochement en cours, le rétablissement des liens officiels entre les deux États reste compliqué.

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