Le ministre des affaires étrangères, Wang Yi, a proposé que la Corée du Nord suspende son programme nucléaire en échange de l’arrêt des manœuvres militaires lancées par les Etats-Unis en Corée du Sud, afin d’éviter « une collision » entre les deux Corées.

Cette proposition a été rejeté par Washington qui ne tient pas à reprendre des discussions avec le dirigeant Kim Jong-un. Pour  l’ambassadrice américaine aux Nations Unies, Nikki Haley et le département d’État, « la Corée du Nord et son dirigeant Kim Jong-Un ont un comportement irrationnel, incompatible avec la diplomatie ».

Cette dernière a indiqué que Kim Jong-Un est une « personne qui n’agit pas rationnellement, qui ne pense pas clairement », ajoutant que « si c’était n’importe quel autre pays, nous en discuterions et ce ne serait pas un problème ».

« Le comportement de la Corée du Nord n’est pas rationnel », a insisté le porte-parole de la diplomatie américaine Mark Toner, assurant que le département d’État allait « rester ouvert au dialogue ». Cependant, « ce ne serait pas un échange équitable pour nous de suspendre nos manœuvres militaires totalement justifiées face à la menace de la Corée du Nord pour la Péninsule ».

Pyongyang avait proposé en janvier 2015 de suspendre temporairement ses essais nucléaires si les États-Unis annulaient leurs manœuvres annuelles prévues en Corée du Sud, mais Washington et Séoul avaient refusé.

Lundi 6 mars, Pyongyang a tiré au moins quatre missiles balistiques à portée intermédiaire en direction du Japon, afin de s’entraîner à frapper les bases américaines installées sur l’archipel nippon. En réponse, mardi 7 mars, les États-Unis ont soumis un texte au Conseil de sécurité condamnant les tirs, une manière pour Washington de tester la réaction de Beijing, qui a adopté le texte avec 14 autres pays.

Dans son texte, le Conseil a qualifié ces essais balistiques de « grave violation » des résolutions des Nations Unies et promis de « prendre d’autres mesures significatives » pour sanctionner Pyongyang.

La Chine a déjà annoncé en février qu’elle cessait complètement ses importations de charbon nord-coréen, privant Pyongyang d’une manne financière importante.  Cependant, la Chine reste intraitable concernant le déploiement du THAAD, qui vient de démarrer,  « les systèmes de détection et d’alerte du THAAD ont une portée qui dépasse de loin la péninsule coréenne. Ils portent atteinte à la sécurité stratégique de la Chine », a dénoncé Wang Yi, assurant que « ce n’est pas ainsi que des voisins devraient se comporter et cela pourrait bien nuire à la sécurité » de la Corée du Sud.