La Chine a condamné Ren Zhiqiang, l’ancien président du groupe public d’immobilier Huayuan et détracteur du président Xi Jinping à 18 ans d’emprisonnement pour corruption.

Ren Zhiqiang, blogueur

Ren Zhiqiang a aussi été condamné à une amende de 4,2 millions de yuans (525.960 euros environ), a indiqué la deuxième cour intermédiaire de Pékin sur son site internet. Ren Zhiqiang a été reconnu coupable de corruption, de pots-de-vin, de détournement de fonds et d’abus de pouvoir, a annoncé un tribunal de Pékin.

Ren Zhiqiang avait critiqué la gestion de la pandémie de Covid-19 par le président chinois, Xi Jinping, sur le réseau social Weibo. Sans mentionner Xi Jinping, Ren Zhiqiang a écrit « ce que j’ai vu était le contraire de la ‘grandeur’ rapportée par les médias. Celui qui se tenait là n’était pas un empereur montrant ses ‘nouveaux vêtements’, mais un clown. Bien qu’il ait brandi un morceau de tissu pour essayer de dissimuler qu’en réalité il était nu, il ne cachait pas son ambition et sa détermination : ‘Qui ne me laissera pas devenir empereur, je le ferai périr! » ».

Dans son verdict, le tribunal stipule que l’homme de 69 ans a « avoué tous ses crimes volontairement et honnêtement » et qu’il ne ferait pas appel de la décision du tribunal.

Le dirigeant à la retraite avait disparu en mars 2020 après avoir écrit et publié, sur son compte du réseau social Weibo, un essai critique sur l’épidémie de Covid-19, dans lequel il suggérait que Xi Jinping était un « clown ».

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Ce texte faisait référence à un discours prononcé par Xi Jinping le 23 février. Dans son essai, Ren Zhiqiang estimait que ce discours trahissait l’existence d’une « crise de gouvernance » au sein du PCC

Alors membre influent du Parti communiste chinois, Ren Zhiqiang était connu pour son franc-parler, à une époque où les voix qui osent encore s’élever face au président chinois sont rares. En avril 2020, le PCC avait ouvert une procédure disciplinaire contre lui pour « graves violations de la discipline et de la loi ». En juillet, il avait été expulsé du parti.

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En 2016, Ren Zhiqiang avait été mis à l’épreuve par le PCC durant un an, en guise de punition pour ses critiques publiques de la politique gouvernementale. Ses comptes sur les réseaux sociaux, suivis par des dizaines de millions d’abonnés, avaient alors été fermés pendant un moment.