La Chine a accusé les Etats-Unis de « grave menace » à la sécurité de ses astronautes après que deux satellites du milliardaire Elon Musk ont faillit entrer en collision avec sa station spatiale.

Selon un document adressé début décembre par Pékin au Bureau des affaires spatiales de l’ONU à Vienne, la station spatiale chinoise Tiangong a dû à deux reprises, en juillet et octobre 2021, procéder à des manoeuvres d’évitement afin d’éviter « une rencontre » avec des engins de SpaceX.

L’agence spatiale chinoise a réagi « afin d’assurer la sécurité et la survie des astronautes en orbite », a ajouté le document.

SpaceX n’avait pas commenté cette information. Or Pékin a accusé les Etats-Unis de « manquer à leurs obligations internationales » dans l’espace, sans nommer le nom d’Elon Musk, homme le plus riche du monde.

« Cela constitue une menace grave pour la vie et la sécurité des astronautes » chinois, a fustigé devant la presse un porte-parole de la diplomatie, Zhao Lijian.

Elon Musk est très connu en Chine pour ses voitures électriques Tesla. La Chine est d’ailleurs un marché crucial pour le multimilliardaire canado-américain d’origine sud-africaine. Tesla vend dans le pays environ un quart de sa production et dispose d’une usine à Shanghai.

Le constructeur automobile a cependant été l’objet de critiques ces derniers mois à la suite d’accidents et d’inquiétudes en matière de protection des données.

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Dans l’espace, SpaceX a lancé une constellation de plus de 1.500 satellites, Starlink, destinés à apporter une connexion internet aux quatre coins du globe. Cette constellation a de fait augmenté la circulation d’objets dans l’espace.

« Nous avons constaté une augmentation du nombre de risques de collision depuis le début du déploiement de Starlink », a commenté auprès de l’Agence France Presse Jonathan McDowell, du Centre d’astrophysique Harvard-Smithsonian aux Etats-Unis.

La Chine a lancé cette année le module principal de sa station spatiale Tiangong (le « palais céleste »), dont la construction doit être achevée l’an prochain. Deux équipages de trois astronautes s’y sont succédé depuis juin.