La Chine a décidé de réduire la quantité de déchets spatiaux, en présentant un nouveau concept une « trainée de voile ».

Ce concept vise à réduire le nouveau fléau de la conquête spatiale : les débris spatiaux. L’objectif est de désorbiter rapidement les débris restés en orbite, car ils peuvent mettre jusqu’à plusieurs décennies à disparaître. Une durée au cours de laquelle les collisions dangereuses peuvent se multiplier.

Une phase de test de a été réalisée le 4 juillet, montrant  un voile fixé à l’adaptateur de charge d’un débris de fusée pesant près 300 kg. Ce voile de 25 m2 devrait perdre en altitude d’ici 2024, et ainsi permettre à ce morceau de fusée d’être désorbité.

Attaché au débris de fusée, la voile augmente la surface de l’engin, ce qui accroit la friction atmosphérique et accélère ainsi le processus de rentrée de l’appareil dans l’atmosphère.

Ainsi, la réduction du temps passé en orbite réduit le risque de collisions. Le 24 juin dernier, la Chine envoyait en orbite trois satellites depuis le centre de Xichang. Le 24 juin, elle présentait dans le cadre d’une mission supplémentaire, cette voile de débarquement depuis la Shanghai Academy of Spaceflight Technology (SAST).

Après avoir réussi sa première mission de nettoyage de déchets spatiaux au début de l’année 2022, la Chine expérimente ces « trainées de voiles » qui ont de bons résultats. Lors de cette première mission, les chinois ont été les premiers à faire retomber un vieux satellite resté en orbite.

L’objet a été désorbité et s’est désintégré dans l’atmosphère. Jusqu’ici, les missions de « nettoyage » de déchets spatiaux consistaient seulement à tester des équipements.

Le 24 octobre 2021, la Chine a lancé Shijian-21, un «satellite capable de gérer des débris orbitaux». Selon le site SpaceNews, Shijian-21 s’est approché du satellite de navigation Beidou-2 G2 avant de s’amarrer à la structure.

D’après les autorités américaines, Shijian-21 aurait par la suite remorqué la «carcasse» du satellite, le 22 janvier 2022 à environ 3000 kilomètres au-dessus de l’orbite géosynchrone. Au final, Shijian-21 s’est désamarré de Beidou-2 G2 le 26 janvier avant de revenir se positionner sur son orbite géosynchrone, selon les données de suivi récemment publiées par le 18e Escadron de contrôle spatial (SPCS) de l’US Space Force. Désormais, l’ancien satellite Beidou-2, qui n’opère plus depuis plus de dix ans, ne représente plus aucun danger.

Au début de l’année 2022, la Chine avec sa station spatiale et l’Agence spatiale européenne ont reproché à Elon Musk de «s’accaparer» l’espace. Dans une note transmise aux Nations Unies, la Chine informe le Secrétaire général de phénomènes qui «constituaient des dangers pour la vie ou la santé des astronautes à bord de la Station spatiale chinoise».  

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Se référant à l’Article V des Traités et principes des Nations Unies relatifs à l’espace extra-atmosphérique, la Chine a indiqué que «les États parties au Traité porteront immédiatement à la connaissance des autres États parties au Traité ou du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies tout phénomène découvert par eux dans l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les corps célestes, qui pourrait présenter un danger pour la vie ou la santé des astronautes».

D’autant plus que la Chine a achevé cinq missions de lancement en 2021, avec la mise en orbite réussie du module central Tianhe de la China Space Station, les vaisseaux cargo Tianzhou-II et Tianzhou-III ainsi que les capsules Shenzhou-XII et Shenzhou-XIII avec des équipages.

Or selon les autorités chinoises, deux satellites Starlink se sont approchés de trop près de la station spatiale chinoise. «Pour des raisons de sécurité, le China Space Station a mis en place un contrôle préventif d’évitement des collisions les 1er juillet et 21 octobre 2021», ont écrit les chinois dans leur note.

Bien que la démarche de la Chine a laissé planer une visée plus politique que scientifique, Jonathan McDowell, astrophysicien au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, a assuré que les scientifiques ont «constaté une augmentation du nombre de risques de collision depuis le début du déploiement de Starlink».