La Chine est actuellement en train de discuter avec d’autres membres du Conseil de sécurité des Nations Unies d’une « réaction », alors que Donald Trump laisse entendre que dialoguer « n’est pas la solution ». Le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi a indiqué depuis Beijing, quelques heures après que le Conseil de sécurité a « fermement » et de manière unanime condamné le lancement réalisé le 28 août par Pyongyang au-dessus du Japon.

Les autorités chinoises sont « en train de discuter avec les autres membres du Conseil de sécurité des derniers développements de la situation« , a indiqué le ministre, lors d’une conférence de presse initialement dédiée au prochain sommet des BRICS en septembre.

« Sur la base du consensus auquel nous parviendrons entre membres du Conseil de sécurité, nous aurons la réaction qui s’impose face à ce tir de missile nord-coréen« , a indiqué Wang Yi, sans pour autant précisé si de nouvelles sanctions contre Pyongyang allaient être prises.

Washington et Séoul responsables de la situation

La Chine est certes le premier partenaire commercial de la Corée du Nord. Pour autant, Pékin « n’approuve pas, bien sûr, » le tir nord-coréen, « qui a violé les résolutions du Conseil de sécurité et porté atteinte au traité de non-prolifération des armes nucléaires », a précisé le ministre.

« Il y a un autre aspect important — et c’est un consensus parmi les 15 membres du Conseil de sécurité –, c’est que nous devons persévérer dans la recherche d’une solution diplomatique et pacifique au problème nucléaire dans la péninsule« , a-t-il dit.

Il a ainsi réitéré son appel à la reprise des « pourparlers à six » (entre les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon), interrompus depuis 2009, et appelé toutes les parties « à s’abstenir de toute mesure contribuant à l’escalade des tensions ».

Le 30 août dans l’après-midi, la porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères Hua Chunying a critiqué « les parties concernées » qui appellent la Chine à accentuer sa pression sur Pyongyang.

« Elles ne prêtent attention qu’aux sanctions et aux pressions, et négligent les négociations de paix », selon Mme Hua, pour qui « cela ne constitue pas l’attitude d’un pays responsable ».  Cette dernière faisait clairement allusion à Washington. « Les parties directement concernées doivent prendre leurs responsabilités« , a-t-elle souligné, en référence aux Etats-Unis et aux deux Corées. LIEN

Pas de débat pour Donald Trump

Rex Tillerson devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, le 11 janvier 2017 (wikimédia)

Le président des Etats-Unis a estimé mercredi que discuter avec la Corée du Nord n’était « pas la solution », laissant entendre, dans un tweet ambigu, que la recherche d’une solution diplomatique avec le régime de Pyonyang était vouée à l’échec.

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a réaffirmé l’ouverture de négociations avec Pyongyang seulement si elles portent sur la dénucléarisation de la Corée du Nord.  « Nous allons poursuivre notre campagne de pression pacifique (…) avec nos alliés, avec la Chine aussi, pour voir si cela peut ramener le régime de Pyongyang à la table des négociations, afin d’entamer un dialogue sur un avenir différent pour la péninsule coréenne et la Corée du Nord », a affirmé ce dernier, le 27 août.

A contrario, Beijing a de nouveau appelé à trouver une solution « diplomatique et pacifique » à cette crise, critiquant les appels répétés qui lui sont adressés par les Etats-Unis pour accentuer sa pression sur Pyongyang.

Cependant depuis 2009, les négociation, regroupant les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, la Russie et le Japon, sont à l’arrêt, car elles visaient principalement à faire renoncer Pyongyang au développement de sa technologie nucléaire militaire en échange d’une aide financière et humanitaire. Or, le président Kim Jong-un justifie ses ambitions militaires par la nécessité de se protéger des Etats-Unis.

La crise en Corée du nord est à un « tournant »