Le massacre de Tiananmen aurait fait au moins 10 000 morts, selon les Archives nationales britanniques, consulté par l’Agence France Presse. Le document « livre un récit cauchemardesque de l’écrasement des manifestations pour la démocratie par l’armée chinoise en 1989« , d’après l’AFP. « Estimation minimale des morts civils 10.000« , aurait conclut l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Alan Donald.

L’estimation a été donnée le 5 juin 1989, au lendemain du massacre. Ce chiffre est presque dix fois plus élevée que les estimations fournies à l’époque, stipulant que plusieurs centaines à plus d’un millier de personnes ont perdu la vie.

Le gouvernement avait affirmé fin juin 1989 que la répression des « émeutes contre-révolutionnaires » avait fait 200 morts chez les civils et « plusieurs dizaines » du côté des forces de l’ordre.

Interrogé par l’agence française, le sinologue français Jean-Pierre Cabestan a indiqué que des documents déclassifiés ces dernières années aux Etats-Unis ont abouti au même ordre de grandeur. « Cela fait deux sources assez indépendantes qui disent la même chose« . Raison pour laquelle, ce dernier a estimé que l’évaluation britannique est juge sérieuse.

Le bilan avancé par l’ambassadeur de Grande-Bretagne « n’est pas tellement étonnant vu le monde qu’il y avait à Pékin, du nombre de gens mobilisés » dans ce mouvement pro-démocratique, a précisé le sinologue de l’Université baptiste de Hong Kong.

Alan Donald a évoqué la violence qui s’est déchaînée dans la nuit du 3 au 4 juin, lorsque l’armée est entrée dans la capitale chinoise pour mettre fin à sept semaines de manifestations sur la place Tiananmen.

Pendant leur avance, « les blindés de transport de troupes de la 27e Armée ont ouvert le feu sur la foule (…) avant de lui rouler dessus« , a écrit l’ambassadeur, citant une source anonyme, qualifiée d' »ami proche, actuellement membre du Conseil d’Etat ».

Une fois que les militaires sont arrivés place Tiananmen « les étudiants ont cru comprendre qu’ils avaient une heure pour évacuer, mais après seulement cinq minutes, les blindés ont attaqué« , a rapporté Alan Donald.

Image de Une : Monument à la mémoire des victimes de la répression de Tian’anmen à Wrocław, en Pologne.