« La Chine a besoin d’une croissance annuelle de 6,3% sur la période 2018-2020 pour atteindre en 2020 un PIB deux fois supérieur à celui de 2010« , a déclaré Yang Weimin, chef adjoint de la direction générale du Groupe dirigeant central pour les affaires financières et économiques, lors d’un forum économique.

Ce dernier a indiqué que « prenant en considération la performance économique actuelle, il n’y aura pas de grands obstacles dans la réalisation de cet objectif« . Raisons pour lesquelles, le gouvernement a décidé de doubler son PIB et les revenus par habitant en 2020 sur la base de 2010.

Le PIB a progressé de 6,9% en glissement annuel sur les trois premiers trimestres de l’année 2017, avec un taux de croissance supérieur à l’objectif d’environ 6,5% fixé par le gouvernement pour l’ensemble de l’année.

La Banque mondiale revoit ses prévisions

La Banque mondiale a revu à la hausse sa prévision de croissance en 2017, passant de 6,7% à 6,8%, en fonction de l’augmentation du revenu des ménages et de l’amélioration de la demande extérieure.

Il s’agit de la 2nde révision à la hausse de la Banque mondiale, après celle d’avril, qui avait vu la prévision de croissance passer de 6,5% à 6,7%. « La Chine a consolidé sa croissance et gagné en réformes, car les autorités ont pris une série de mesures visant à réduire les déséquilibres macroéconomiques et à contrôler les risques financiers sans impact notable sur la croissance« , a expliqué John Litwack, économiste en chef de la Banque mondiale pour la Chine.

« Par conséquent, le rééquilibrage économique a été renforcé. Les hausses du revenu des ménages et de la consommation ont accéléré par rapport aux investissements« , a ajouté ce dernier.

Il a souligné l’impact positif des exportations nettes sur la croissance, l’amélioration de la confiance du milieu des affaires, la création d’emplois vigoureuse, la stabilité des sorties de capitaux, et l’appréciation de la monnaie renminbi face au dollar.

La banque a prévu que la croissance du PIB baisserait à 6,4% en 2018 et à 6,3% en 2019, en raison d’une « politique monétaire prudente, du contrôle plus strict sur le secteur financier, et d’efforts constants du gouvernement pour restructurer l’économie et pour contrôler le rythme de l’effet de levier devraient contribuer à la modération de la croissance », selon le rapport de la banque.

Les mesures gouvernementales saluées

« Les conditions économiques favorables créent un moment particulièrement propice pour réduire davantage les vulnérabilités macroéconomiques et poursuivre les réformes visant une meilleure qualité, un développement plus efficace, plus juste et plus durable« , a indiqué Elitza Milieva, économiste en chef de la Banque mondiale et co-auteur du rapport.

Le rapport indique que l’application réussie de réformes sur le budget du gouvernement et le système de pension sont « essentiels à la stabilité macro-économique, le rééquilibrage économique et la transformation sociale du pays au cours des prochaines années« .

« En dépit du ralentissement récent, le crédit continue à augmenter plus rapidement que le PIB. Les prêts bancaires en cours ont atteint 150% du PIB en novembre 2017, contre 103% fin 2007« , a souligné le rapport.

Le PIB a enregistré une croissance de 6,9% sur un an au cours des trois premiers trimestres, au-dessus de l’objectif du gouvernement d’environ 6,5% pour l’année. Face à cette conjoncture élevé, le Fonds Monétaire International a aussi révisé à la hausse ses prévisions concernant la Chine pour la 4ème fois cette année, à 6,8% en 2017 et à 6,5% pour l’année prochaine.