La chanteuse et figure de la contestation hongkongaise, Denise Ho, s’est inquiétée le 1er septembre de l’escalade de la situation à Hong Kong, à un mois de la fête nationale chinoise célébrée le 1er octobre.

« Ce n’est pas seulement le combat d’une population contre le gouvernement de Hong Kong et contre le gouvernement communiste. C’est un combat de dimension mondiale », a-t-elle déclaré lors d’une conférence à Sydney, en Australie.

Depuis trois mois, l’île est en proie à des actions de désobéissance civile quasi quotidienne, en rejet au projet de loi d’extradition vers la Chine, qui risque selon les opposants de supprimer le pare-feu qui les protège de l’ingérence du gouvernement chinois.

Ce rejet s’est suivi d’une contestation beaucoup plus large, avec des revendications démocratiques, telles que le suffrage universel, le recul des libertés et l’ingérence du pouvoir central dans les affaires internes à la région semi-autonome.

« Les choses ont tellement changé en deux mois et demi », a déclaré Denise Ho, en présence des médias et de nombreux Hongkongais. « Si aujourd’hui le mouvement est marqué par une extrême violence, tout cela a débuté d’une protestation largement pacifique. »

Six personnes ont jusqu’ici perdu la vie en lien avec les protestations, a souligné la chanteuse de 42 ans. Cette dernière s’est fait connaître lors du mouvement prodémocratie de l’automne 2014, la « révolte des parapluies ». « Je me vois comme une militante parmi les autres », a-t-elle déclaré à l’Agence France Presse. « Mais bien sûr, comme je suis une célébrité, les gens me reconnaissent. »

« Nous sommes devenus un état policier, avec des forces de l’ordre qui peuvent faire tout ce qu’elles veulent et un gouvernement qui se range derrière la police », a déploré Denise Ho, en montrant des images d’arrestations arbitraires et des brutalités policières.

Elle a salué le courage d’une jeunesse « incroyablement intelligente ». « Hong Kong n’est pas particulièrement réputé pour son caractère militant, et pourtant la jeune génération se bat pour son futur. »

Lors d’une interview à l’Agence France Presse, elle a expliqué que « sur le terrain, j’espère galvaniser, soutenir tous ces jeunes, leur dire qu’ils ne sont pas seuls (…) Je veux aussi pouvoir faire entendre leur voix, notamment à l’étranger ».

Une vigueur que ce mouvement spontané tire d’Internet, selon l’activiste. Les stratégies sont débattues en ligne et soumises au vote du public avant d’être traduites en actions sur le terrain. Le rôle des artistes est également crucial dans un monde de censure et d’intimidations, a cette dernière.

« Que va-t-il se passer au cours des prochaines semaines? Personne ne peut le dire », s’est-elle inquiétée. « Nous ne sommes pas des émeutiers, mais demandons simplement que nos droits soient maintenus. »