Joshua Wong, Denise Ho et d’autres militants pro-démocratie ont exhorté le 17 septembre les parlementaires américains à faire pression sur le gouvernement chinois.

Selon eux, tout recul dans le statut spécial accordé à la ville encouragerait la Chine à imposer ses « valeurs communistes » ailleurs dans le monde.

Lors d’une audition qui pourrait irriter Bejing, les militants pro-démocratie ont été reçus par les membres républicains et démocrates d’une commission au Congrès américain, à Washington.

« Si Hong Kong tombe, cela pourrait facilement devenir un tremplin pour que le régime totalitaire chinois pousse ses règles et ses priorités à l’étranger, en utilisant son pouvoir économique pour en convertir d’autres à ses valeurs communistes », a déclaré Denise Ho.

Cette dernière a indiqué « ceci n’est pas un appel en faveur d’une ‘ingérence étrangère’, ni en faveur de l’indépendance de Hong Kong » mais « un appel en faveur des droits humains. C’est un appel en faveur de la démocratie ».

Hong Kong traverse depuis plus de trois mois sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Des actions et manifestations ont lieu quasi-quotidiennes pour demander des réformes démocratiques et dénoncer les violences policières contre les manifestants.

Les membres républicains et démocrates de la commission ont souligné leur rare union autour de la défense des droits à Hong Kong. Ces derniers étudient un projet de loi sur les « droits humains et la démocratie à Hong Kong » prévoyant un réexamen annuel du statut économique spécial de Hong Kong, et des sanctions pour tout responsable qui supprimerait « des libertés fondamentales » dans ce territoire semi-autonome.

« Pékin ne devrait pas s’en sortir gagnant sur tous les fronts, en récoltant les bénéfices économiques du prestige de Hong Kong dans le monde tout en éradiquant notre identité sociopolitique », a alerté Joshua Wong, leader du Mouvement des parapluies de 2014.

« Alors que je parle, Hong Kong se tient à une croisée cruciale des chemins. Les enjeux n’ont jamais été aussi grands », a-t-il déclaré. Ce dernier pense que le président Xi Jinping pourrait décider agir durement avant le 70ème anniversaire de la République populaire de Chine, le 1er octobre : « envoyer les chars reste irrationnel, mais pas impossible », a-t-il déclaré.