La police taïwanaise a arrêté plus de 300 membres présumés de gangs, à la veille des élections locales, en raison des inquiétudes vis-à-vis de l’implication croissante du crime organisé dans la politique de l’île et notamment contre les militants indépendantistes et pro-démocratie.

Quatre des 310 personnes arrêtées seraient membres d’un petit parti pro-chinois fondé par un ancien chef de gang qui organise régulièrement des manifestations de soutien à la Chine continentale. La police a indiqué avoir confisqué des armes et des drogues illégales à la suite de raids menés dans 762 localités de l’île dans le cadre de l’opération lancée le 30 avril.

Les élections locales prévues en novembre 2018 sont considérées comme un baromètre important du soutien populaire au Parti progressiste démocratique (PDP), parti au pouvoir indépendantiste, ou au Kuomintang favorable à la Chine.

Chang An-lo, ancien chef de gang devenu politicien, a passé 10 ans dans une prison américaine pour trafic de drogue et a vécu 17 ans en exil en Chine avant de retourner à Taïwan en 2013.

Ce dernier également connu sous le nom de « White Wolf », est l’un des dirigeants de l’Union des Bambous – l’un des plus grands gangs criminels de Taïwan – avant de fonder le Parti de la promotion de l’information en Chine.

Des membres du parti de Chang An-lo ont été accusés d’avoir attaqué des partisans de l’indépendance taïwanaise et Joshua Wong, activiste pro-démocrate de Hong Kong, lors de sa visite à Taipei en janvier 2017.

Ils auraient également attaqué plusieurs étudiants qui manifestaient en septembre 2017 lors d’un concert de musique qui a été interrompu suite à des échauffourées entre des manifestants pro-indépendantistes et pro-Chine.

La police a également déclaré qu’un ancien membre de l’Union des Bambous avait encouragé d’autres membres de gangs à participer aux activités du Parti pour la promotion de l’unification de la Chine.

Les autorités enquêtent actuellement sur la participation de gangs ont lors d’une manifestation en avril contre les réductions prévues des pensions des vétérans militaires. Plus d’une douzaine de journalistes et plus de 80 policiers ont été blessés lors de cette manifestation qui a sombré dans le chaos.