D’ici 2050, la population de la Chine stagnera à 1 milliard 3, tandis que l’Inde abritera 374 millions de personnes en plus, selon dernier numéro, Population & Sociétés de l’Institut national d’études démographiques.

D’après l’étude de l’INED, la planète sera peuplé de plus de 10 milliards d’individus à la fin du 21ème siècle, contre 7 milliards en 2013. La Chine, l’Inde, les États-Unis, l’Indonésie, le Brésil et le Pakistan, sont les pays les plus peuplés, totalisant 3,59 milliards d’habitants, soit plus de la moitié du total mondial estimé à 7,14 milliards.

La Chine, l’Inde et le Brésil font partie des pays les plus peuplés du monde, mais aussi en plein essor économique. Cette position les a conduit à s’allier au sein du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui contraste avec les alliance occidentale (comme le G8).

Pyramide des âges de la Chine : 1982, 2000 et 2050. Source : Inde, sur les projections des Nations Unies pour 2050

Pyramide des âges de la Chine : 1982, 2000 et 2050. Source : Inde, sur les projections des Nations Unies pour 2050

Une démographie stagnante pour la Chine

Selon l’Institut national d’études démographiques (INED), les chinois (hormis Hong Kong et Macao) seront 1 milliard 314 en 2050, contre 1 milliard 360 à la mi-2013. Cette stagnation s’explique par le vieillissement rapide de la population et le  ralentissement de la démographie, depuis près de cinq ans.

Sans oublier la politique de l’enfant unique, qui a terme pose de sérieux problèmes, mais surtout entraîne des conséquences négatives sur l’économie chinoise, avec entre autre une pénurie de main d’œuvre.

Au cours des 30 dernières années, plus de 350 millions d’emplois auraient été créés, grâce à une main d’œuvre abondante et à faible coût. Mais celle-ci pourrait se raréfier, car les migrations des provinces intérieures vers les côtes faiblissent d’année en année.

Après avoir atteint son apogée en 2010, avec 151 millions de personnes, s’étant rendus dans les grandes villes de la Chine, elles ne devraient représenter que 57 millions de personnes en 2015, et 33 millions en 2020.

Pour Wang Guangzhou, chercheur de l’Académie chinoise des sciences sociales, « entre 2014 et 2030, le nombre de Chinois âgés de 15 à 64 ans devrait chuter d’environ 40 millions ».

Raison pour laquelle, l’atelier du monde doit trouver les moyens de faire face à ce phénomène constant, d’autant que « la population vieillit si vite que nous manquons de temps pour apporter une réponse à la question« , a expliqué Li Jun, un autre scientifique de la même institution.

Dans un tel contexte, le gouvernent a décidé d’assouplir la politique de l’enfant unique, comme à Shanghai, devenue une ville-test. En effet, depuis quelques années, les couples ont la possibilité de faire deux enfants, comme dans les zones rurales, où les règles sont plus flexibles.

L’Inde face à son avenir

La population indienne passera de 1 milliards 276 à 1 milliards 652 habitants en près de 35 ans. Cette hausse, même faible, s’explique par un mauvais accès des femmes à l’éducation, à la santé et au planning familial, entraînant des difficultés pour le gouvernement à maîtriser sa démographie.

Cette accroissement démographique va entraîner de nombreux défis en matière d’infrastructures, avec la construction d’écoles, de logements (déjà déficitaires), de routes, de transports publics.

Mais environnemental, avec la pollution, l’épuisement des sols et la raréfaction de l’eau, qui sont aujourd’hui des problèmes dans de nombreuses grandes villes, comme Delhi. Ils deviendront des catastrophes majeurs, si rien n’est fait pour anticiper et aménager le pays.

Au-delà de la projection de l’INED, la population indienne sera d’ici à 2030 l’une des populations les plus nombreuses et les plus jeunes de la planète. Avec la moitié de la population indienne, aujourd’hui âgée de moins de 25 ans, le nombre d’actifs va augmenter de 30% d’ici à 2020, a annoncé en début d’année l’Organisation International du Travail.

Dans ce cas là, la hausse démographie est un enjeu, car actuellement « seuls 5 % des jeunes âgés de 19 à 24 ans ont reçu une formation », a expliqué Subramaniam Ramadorai, directeur de l’Organisme national de développement des compétences (NSDC) en décembre 2012 à Le Monde.

L’illettrisme, la pauvreté et l’absence de système éducatif généralisé sont des domaines dans lesquels, les autorités devront agir vite et en profondeur pour éviter un désastre humain et économique.