A l’ouverture de la cinquième session de la 11ème Assemblée populaire nationale, le Premier ministre Wen Jiabao a annoncé une croissance économique prévue à 7,5 %, contre 8 % l’an dernier et 10,4 % en 2010. Les exportations chinoises ne trouvant pas preneur comme avant, le gouvernement a demandé au peuple d’accroître la consommation intérieure.

Intensifier le rythme des réformes

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En pleine réforme économique et sociale dans un pays en transition, Zhang Ping, ministre chargé de la Commission nationale pour le développement et la réforme a expliqué que le pays a « besoin de continuer à approfondir la réforme afin de donner un nouvel élan à son développement économique ».  

En raison de la conjoncture internationale, les objectifs de croissance de 2012 ont été revus à la baisse, passant de 8% à 7,5%, après avoir connu un taux de croissance du PIB de 9,2% en 2011 et 10,4% en 2010.

Devant plus de 3.000 délégués venus de toute la Chine à Beijing, ce lundi 5 mars, Wen Jiabao a mit en avant les progrès accomplis au cours de ces cinq dernières années, et expliqué que l’économie chinoise subissait le contre coup du ralentissement mondial.

Le pays ne peut désormais plus compter uniquement sur ses exportations, à cause de la baisse de la demande, et doit donc miser sur la consommation intérieure.

Le Premier ministre a affirmé que l’augmentation de la consommation intérieure serait « cruciale » pour l’avenir de la Chine. Ce dernier a d’ailleurs promit la hausse des dépenses en matière de soins de santé et de services sociaux, afin d’accroître les possibilités de dépenses pour les chinois.

De son côté, le président Hu Jintao a assuré que « la Chine doit garantir et améliorer davantage le bien-être du peuple, promouvoir la réforme du système médical et de santé, et accélérer l’établissement d’un système de couverture sociale universelle ».

L’état devrait également augmenter les salaires des travailleurs à moyen et à faible revenu, afin de « résoudre la question des dettes locales de façon progressive, soutenir le monde rural, développer les énergies renouvelables et augmenter la transparence des budgets des gouvernements locaux » a analysé Les Échos.

Un soft-power indispensable

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a évoqué les priorités de la diplomatie chinoise pour cette année : le maintien de la paix et le traitement « responsable des questions épineuses régionales et internationales par la dialogue, la consultation et la négociation ».

Sous pression après son veto sur la question Syrienne, la Chine tente d’expliquer l’appel lancé pour le « respect de la souveraineté de la Syrie et du choix d’indépendance du peuple syrien ».

Le ministre des Affaires étrangères a de nouveau appelé les autorités américaines à « traiter de manière prudente et appropriée les questions relatives aux intérêts fondamentaux de la Chine, telles que les questions concernant Taïwan et le Tibet ».

Voyant la présence américaine s’accroitre dans la zone Asie-Pacifique, les autorités chinoises ont demandé aux États-Unis « de jouer un rôle constructif dans cette région, et en même temps, nous espérons que la partie américaine respectera les intérêts et les préoccupations de la Chine », a précisé Yang Jiechi.

Sur la question africaine, Beijing s’est dit « fortement responsable envers le peuple africain qui l’a choisie comme partenaire de coopération sincère », a déclaré le ministre, lors d’un point presse, en marge de la session annuelle de l’APN, ce 6 mars.

Le soft-power chinois devrait s’intensifier dans plusieurs domaines (diplomatique, économique, culturel et sportif) d’autant qu’il a été annoncé l’élargissement « de manière appropriée la marge de fluctuation du RMB afin de mieux refléter le régime du taux de change décidé par l’offre et la demande sur le marché ».