Pressenti au poste de président de la République Populaire de Chine, l’actuel vice-président chinois, Xi Jinping s’est rendu aux États-Unis pour une visite placé sous le signe d’un « nouveau départ ».

Xi Jinping, prochain n°1 de Chine

Xi Jinping, prochain n°1 de Chine

Prochain successeur de Hu Jintao, cet homme politique pragmatique, calme et ouvert aux réformes a séduit les dirigeants américains, particulièrement le président Barack Obama et le vice-président Joe Biden.

Les deux hommes espèrent de ce dernier une nouvelle vision des États-Unis. De son côté, Xi Jinping est parvenu à rassurer les responsables américains de la passivité économique et militaire de la Chine et de la volonté de son pays d’assoir sa position sur la scène internationale.

Atténuer les tensions économiques

Les autorités américaines ont mit les petits plats dans les grands pour Xi Jinping, considéré comme « un investissement pour l’avenir » par la Maison Blanche. En effet, le gouvernement américain mise sur l’actuel vice-président, plus ouvert vers l’extérieur que Hu Jintao, afin d’améliorer leurs relations diplomatiques et commerciales.

Barack Obama a profité de cette visite jugée « honorifique » pour rappeler les nombreuses demandes faites en matière de rééquilibrage des relations commerciales, de réévaluation de la monnaie chinoise, le Yuan, de respect des Droits de l’homme et de responsabilité dans la conduite des affaires internationales après le veto chinois sur la Syrie à l’ONU.

Les deux présidents se sont principalement penchés sur les relations économiques bilatérale, qui ont créé au fur et à mesure des années une interdépendance entre ces deux premières .

Les américains restent inquiets vis-à-vis de leur déficit commercial avec la Chine, ayant atteint un nouveau record sur l’ensemble de l’année 2011, avec 295,5 milliards de dollars,  Pour résoudre ce dilemme, Barack Obama tente de faire pression sur la Chine pour qu’elle abaisse sa monnaie, afin de réduire son déficit commercial et étendre ses exportations.

La Chine reste un allié incontournable pour les États-Unis, car les chinois possèdent plus de 1.100 milliards de dollars (+ 957 milliards d’euros) en bons du Trésor américain. Raison pour laquelle, les américains ne tiennent pas à trop froisser leurs alliés.
Ainsi, Barack Obama a ménagé son invité en saluant le « développement extraordinaire de la Chine ces deux dernières décennies » et estimant qu' »avec davantage de puissance et de prospérité viennent davantage de responsabilités« , a indiqué l’AFP.

De son côté, la Chine souffre de la fragilité du dollar, qui s’est accrue par la hausse des dépenses publiques américaines. Les autorités chinoise sont obligés de revoir leur stratégie économique, car la baisse de la demande extérieure a considérablement réduit ses exportations, notamment vers les États-Unis.

« Un nouveau départ historique »

A la différence de Hu Jintao, réticent à répondre aux remarques sur les Droits de l’Homme et la politique monétaire chinoise, Xi Jinping a tenu à se différencier de l’actuel président chinois en évoquant un « nouveau départ historique » entre Beijing et Washington.

Tout en défendant la position de la Chine, le vice-président chinois a souligné que « l’émergence de son pays au cours des trois dernières décennies constitue des opportunités, et non une menace, pour les États-Unis ».

Prochain secrétaire général du comité central du PCC à l’automne, puis président en 2013, Xi Jinping a mit en avant un « partenariat coopératif basé sur le respect mutuel » entre les deux premières puissances économiques du monde.

« Nous voulons œuvrer avec la Chine à faire en sorte que tout le monde joue selon les mêmes règles en vigueur en ce qui concerne le système économique mondial. Cela veut dire qu’il faut qu’il existe un flux commercial équilibré non seulement entre les États-Unis et la Chine, mais aussi dans le monde entier » a-t-il déclaré.

Le responsable chinois a également appelé le gouvernement américain à mettre fin à tout protectionnisme et à « répondre à nos préoccupations économiques et commerciales respectives par le dialogue et la consultation ».

Barack Obama, président de la 1ère économique mondiale

Barack Obama, président de la 1ère économique mondiale

Sur la question des Droits de l’homme, Xi Jinping a évoqué les « énormes défis auxquels est confronté le gouvernement chinois pour améliorer les droits de l’Homme dans un pays de plus de 1,3 milliards d’habitants ».

Lors de son entrevue avec la secrétaire d’état, Hillary Clinton et le vice-président américain Joe Biden, il a souligné les efforts de la Chine pour faire face aux « aspirations et aux demandes de son peuple ».

Les deux pays prônent l’acceptation

Pour apaiser les relations sino-américaines, Xi Jinping a décrit, selon l’AFP, les relations bilatérales comme « une rivière qui suit son cours« , réaffirmé qu’il était temps d’un « nouveau départ historique« .

Depuis le début de la crise économique et financière de 2008, la Chine a apporté son soutien au gouvernement américain et tenu à conserver de bons rapports, malgré les dossiers épineux tels que le Dalaï-lama, Taïwan et les Droits de l’Homme.
De leurs côtés, les États-Unis espèrent que l’ascension de Xi Jinping « rendra la Chine plus accommodante » a expliqué J. Stapleton Roy, directeur de l’Institut Kissinger sur les États-Unis et la Chine au NouvelsObs.

En effet, les précédentes déclarations d’apaisement de l’actuel vice-président chinois laissent présager pour les américains d’un possible changement de politique. D’autant plus que Xi Jinping est favorable à un « réformisme raisonné » et à « l’économie de marché », voulu par les responsables américains.

Raisons pour lesquelles, Barack Obama et Joe Biden « espèrent qu’il sera finalement le dirigeant chinois qui acceptera la vision américaine selon laquelle la Chine se portera mieux en adoptant les règles du jeu ‘Made in America' », a résumé Daniel Blumenthal dans Foreign Policy, au quotidien Le Monde.