La Banque populaire de Chine a exhorté les banques du pays à stabiliser le marché du logement et à combattre la spéculation.

Le gouvernement craint qu’une faillite du géant endetté Evergrande ne mette à mal l’ensemble du secteur immobilier. Étranglé par une dette de 260 milliards d’euros, Evergrande doit honorer ses paiements d’intérêts et ses livraisons d’appartements. Mais le mastodonte est toujours au bord de la faillite potentielle, ce qui pourrait faire tanguer le secteur immobilier chinois, voire l’économie nationale ou mondiale.

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Lors d’une réunion, la Banque populaire de Chine a appelé les institutions financières à «stabiliser les prix des terrains et des logements» et à «ne pas utiliser l’immobilier comme moyen de stimuler l’économie sur le court terme», selon un communiqué.

La banque centrale a ainsi souligné que «les logements servent à se loger, pas à spéculer». Le compte rendu de la réunion, tenue avec le régulateur des banques et des assurances, ne mentionne pas spécifiquement Evergrande.

Mais c’est un signal que les autorités s’inquiètent des répercussions d’une éventuelle faillite du promoteur sur le secteur immobilier, déjà malmené ces derniers mois par un durcissement réglementaire destiné à freiner l’endettement.

Confronté à la possibilité de mouvements sociaux en cas de défaut de paiement d’Evergrande, le gouvernement chinois n’a pas encore indiqué s’il comptait intervenir ou non pour aider ou restructurer le groupe.

Cependant, des éléments indiquent toutefois que les autorités entendent prévenir toute manifestation de mécontentement. Ainsi, plusieurs groupes de discussion sur l’application WeChat, qui réunissent des investisseurs ou des propriétaires d’appartement lésés par Evergrande, ont été supprimés ou bloqués, selon deux de leurs membres à l’AFP.

Des centaines de personnes ont manivfesté ces dernières semaines devant des bureaux d’Evergrande dans plusieurs régions du pays, afin d’exiger l’achèvement des travaux ou le remboursement de sommes déjà versées.

«Plusieurs membres de notre groupe WeChat ont été convoqués par la police» de Shenzhen (sud), ville où se trouve le siège du promoteur, a indiqué à l’Agence France Presse un investisseur anonyme.

Evergrande a par ailleurs déjà commencé à se délester de certains actifs. Le groupe souhaite notamment vendre une participation de 1,5 milliard de dollars (1,3 milliard d’euros) dans une banque régionale.