Les prix à la consommation en Chine ont progressé en septembre à leur rythme le plus important depuis avril 2020, à la suite de la hausse des prix des produits alimentaires.

Cette conjoncture réduit la marge de manœuvre de la Banque Populaire de Chine dans sa politique monétaire pour tenter de soutenir une économie affectée par la crise du coronavirus et une crise de l’immobilier.

D’après les données du Bureau d’État des statistiques (BES), l’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé le mois dernier de 2,8% sur un an, après +2,5% en août. Il s’agit d’une croissance conforme aux attentes des analystes interrogés par Reuters.

L’indice des prix à la production (PPI) a augmenté en septembre de 0,9% en rythme annuel, la plus faible hausse en 20 mois, contre 2,3% le mois précédent. Le consensus ressortait à +1,0%.

Dans un article publié par le China Internet Information Center, des des experts ont indiqué que « l’inflation en Chine devrait rester modérée et contrôlable pour le reste de l’année ».

Selon eux, la Chine « est capable d’atteindre son objectif annuel d’inflation à la consommation d’environ 3% pour 2022, soulignant que la hausse des prix à la consommation en Chine a augmenté à un rythme plus lent que prévu en septembre, offrant aux décideurs politiques plus de marge pour un assouplissement monétaire et budgétaire ».

Zhou Maohua, analyste à la China Everbright Bank, a expliqué que « la hausse de l’IPC en septembre était principalement attribuable à l’augmentation des prix du porc et des légumes, tandis que la hausse plus lente que prévu de l’IPP était due à des mesures gouvernementales efficaces pour assurer la stabilité des prix et des approvisionnements ».

Ce dernier a indiqué que « la baisse constante de l’inflation des prix à la sortie de l’usine fournira un tampon pour certaines entreprises intermédiaires et en aval aux prises avec des coûts d’intrants élevés et une pression inflationniste importée ».

De son côté, Teng Tai, directeur du Nouvel Institut de recherche économique Wanbo, s’attend à ce que l’IPC chinois augmente d’environ 2,2% en 2022 pour rester dans l’objectif annuel d’environ 3%.

Il a assuré que les prix stables et l’inflation relativement modérée de la Chine permettant au gouvernement de « renforcer le soutien de la politique macroéconomique à l’économie », outre le fait que la Chine « a beaucoup de marge pour un assouplissement monétaire dans les mois à venir ».

Lors d’une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20, Yi Gang, gouverneur de la Banque populaire de Chine, a déclaré que le niveau des prix en Chine est fondamentalement stable et que la banque centrale chinoise intensifiera la mise en œuvre d’une politique monétaire prudente pour fournir un soutien plus fort à l’économie réelle.