L’ancien secrétaire d’État américain, Henry Kissinger, a appelé le prochain président des Etats-Unis, Joe Biden, à rétablir la communication avec la Chine, avertissant que sinon, le monde subira une catastrophe comme le fut la Première Guerre mondiale.

Le président chinois Xi Jinping a rencontré l’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger (2019)

«À moins qu’il n’y ait une base pour une action de coopération, le monde plongera dans une catastrophe comparable à la Première Guerre mondiale», a déclaré Henry Kissinger lors de la séance d’ouverture du Forum New Economy Bloomberg.

Ce dernier a indiqué qu’il existe des technologies militaires disponibles aujourd’hui qui provoqueraient une crise «encore plus difficile à contrôler» que celles des époques antérieures.

«L’Amérique et la Chine dérivent maintenant de plus en plus vers la confrontation et mènent leur diplomatie de manière conflictuelle», a indiqué l’homme de 97 ans dans une interview avec le rédacteur en chef de Bloomberg News, John Micklethwait.

Henry Kissinger est considéré comme un «vieil ami de la Chine», après avoir travaillé avec plusieurs dirigeants chinois et américains, et a contribué à l’avancement de la normalisation des relations sino-américaines.

Donald «Trump a une méthode de négociation plus conflictuelle que celle que vous pouvez appliquer indéfiniment», a expliqué Henry Kissinger, car l’administration Trump a intensifié les critiques et attaques contre la Chine et a imposé une série de sanctions.

Selon le diplomate, la Chine et les Etats-Unis devraient «convenir que quel que soit le conflit qu’elles auront, elles ne recourront pas à l’affrontement militaire». Selon lui, pour y parvenir, la Chine et les Etats-Unis devraient créer conjointement «un système institutionnel par lequel un dirigeant en qui notre président a confiance et un dirigeant chinois en qui le président Xi Jinping a confiance sont désignés pour rester en contact l’un avec l’autre au nom de leurs présidents».

Ce dernier a expliqué que lors d’une conversation avec l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, l’ancien président américain Bill Clinton a noté que les États-Unis pourraient renforcer leur position de négociation avec la Chine en recherchant des partenaires, en Europe et en Asie, notamment les pays faisant partie du partenariat transpacifique, pacte abandonné par le président Trump, a rapporté Bloomberg.

Lors du Forum économique mondiale, Tony Blair, a indiqué qu’il était temps pour l’équipe de Joe Biden d’adopter une approche coordonnée plus cohérente envers la Chine plutôt que de s’appuyer sur le mélange plus imprévisible de mesures -des droits de douane aux sanctions- appliquées par l’administration Trump.

De son côté, l’ancien secrétaire américain au Trésor, Hank Paulson, a déclaré que la nouvelle administration de Joe Biden devrait entamer un nouveau cycle de négociations avec la Chine concernant le commerce.

«Nous devrons traiter les problèmes structurels et de processus qui incluent les services, pas seulement les biens» a déclaré ce dernier. «L’accord doit être conclu par phases avec des livrables réguliers, en commençant par des problèmes plus faciles qui créent une dynamique pour s’attaquer aux plus difficiles».