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CULTURE,Patrimoine UNESCO,Population

Hezhe, la tribu à la peau de poisson

L’ethnie Hezhen, aussi appelée Hezhe, Nanaï, Samagir ou Goldes, est l’une des plus petites de Chine, qui ne compte aujourd’hui que 5’000 personnes, dont la plupart vivent au Heilongjiang, selon les données des médias officiels.

Apparu durant la dynastie Shang, ce peuple nomade du nord-est de la Chine, vit principalement de la chasse et de la pêche dans la plaine formée par le Heilong, Songhua et des rivières Wusuli à Tongjiang, comtés Fuyuan et Raohe dans la province du Heilongjiang.

Famille Hezhen (wikimedia)

Famille Hezhen (wikimedia)

Lors de la fondation de la République Populaire de Chine, en 1949, les Hezhe étaient 300, en raison de la famine, la pauvreté et des conflits successifs. En 1990, les autorités centrales dénombrent 4’640 personnes, qui ont pu bénéficier des progrès économique et sanitaire, à l’instar de l’ensemble du pays.

Les Hezhe viennent de la lignée des nomades Nuzhen, peuple toungouse habitant en Mandchourie jusqu’au 17ème siècle, quand ils sont connus comme étant des Mandchous. Les Hezhe vivant dans les différentes régions du pays avaient tous des noms particuliers, ayant pourtant la même signification, « indigènes » ou « aborigènes ».  

Des traditions mystiques

La danse du chaman fait partie des traditions culturelle des Hezhen, elle est généralement interprétée par des sorciers lors de rites, pour demander une protection et chasser les esprits maléfiques et les maladies. Le tambour est l’un des instruments de musique rituel, car la danse est rythmée sur le battement du tambour et la répétition de formules magiques.

Les vêtements sont faits de peaux de poissons et de peaux de cerfs. Cette ethnie est célèbre pour ses habits en peau de poisson, si bien qu’elle est appelée « Fish Skin Tribe » (Tribu à la peau de poisson). Elle est d’ailleurs la seule ethnique du pays a avoir conserver les techniques de couture de peau de poisson.

bridal_dress_of_the_fish_skin_tribe_hezhe_ethnic_group71ec1bcd14c717010319Les décorations des vêtements se composent de boutons en os de poisson-chat, tandis que les cols et les poignets ont la forme de nuage. Les femmes portent des robes décorées avec des coquillages et des bandes de couleur de la couleur de la peau d’un cerf, avec des coupes en formes de nuage, de faunes et fores et d’animaux. Les peaux d’ours et l’écorce de bouleau sont également utilisés pour permettre aux bottes d’être suffisamment épaisses en hiver.

Les jeunes mariées sont habillées en robes de peau de poisson cousues avec des tendons d’animaux tortillés main. La robe est simple mais possède des décorations délicates faites de mosaïques. La robe de la mariée nécessite une longue préparation. Il faut tout d’abord des peaux de gros poissons, généralement le saumon, qui sont écaillés et pelées. Mais pour éviter d’abîmer la peau, bambou est utilisé plutôt qu’un couteau pour dépouiller le poisson. Les peaux sont ensuite accrochées pour sécher.

La robe est faite entièrement à la main avec de la peau épaisse et difficile à coudre, qui exige de la précision, de la délicatesse et beaucoup de temps. La couture se fait avec du tendon de poisson et d’animaux. Il est dit que les mères commencent à coudre la robe de mariée durant l’enfance de leur fille. La robe est gardée après le mariage, car elle est pratique, durable et chaleureuse et pleine d’ornement.

Des savoirs ancestraux encore conservés

La monogamie est une pratique courante, bien que seuls les plus riches de la tribu pouvaient avoir plusieurs femmes. Les coutumes exigent que les parents choisirent des époux et épouses venant d’autres camps. Il était mal vu pour les veuves de se remarier, si celles-ci le faisaient, elles n’avaient pas droit à de cérémonie de mariage.

Les adultes décédés étaient enterrés dans des fosses dans le désert, tandis que les enfants étaient regroupés dans l’écorce de bouleau pour être suspendus aux branches des arbres, afin que leurs âmes soient libérées dans l’air, permettant également la prospérité de leurs parents.

La broderie est un art très développé parmi les Hezhes. Leur technique s’est perfectionné au cours des siècles, leur permettant d’avoir des motifs géométriques et floraux sur leurs vêtements, leurs chaussures et leurs sachets de tabac.

bridal_dress_of_the_fish_skin_tribe_hezhe_ethnic_group04c69ee7c2a27c3d0416Les Hezhe sont connus pour leur artisanat. Leurs sculptures de bois, en forme de meubles, de boîtes et d’ustensiles d’écorce de bouleau, sont le plus souvent ornés d’images de Bouddha, de plantes et d’animaux.

Le Yimakan, des récits oraux protégés

Les chansons courtes et vives sont appelées « shuohuli », elles permettant aux anciens d’initier les jeunes à ces chants. Les Hezhe sont férus de chansons improvisées, comme les « jialingkuo » et « henina. »

Inscrit en 2011 sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, le Yimakan est un art du conte. Il est considéré par l’UNESCO comme une « composante essentielle de la cosmogonie et de la mémoire historique des Hezhen ». 

Les contes du Yimakan sont narrés en vers et en prose dans leur propre langue. Celle-ci appartient à la famille Altaïque du groupe Mandchou-Toungouse. L’ethnie possède deux dialectes : Qileng et Hezhen.

Aujourd’hui, le chinois est largement utilisé parmi les Hezhes, seuls les membres de plus de 60 ans parlent encore le Hezhe.

Danse de chaman

Danse de chaman

Cette langue est principalement orale, il n’y a aucun code d’écriture, raison pour laquelle, ils utilisent le mandarin pour communiquer par écrit.

Ce patrimoine oral est « précieux pour la défense de l’identité et de l’intégrité territoriale de l’ethnie », car « il préserve aussi les connaissances traditionnelles relatives aux rituels chamaniques, à la pêche et à la chasse », souligne l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Les conteurs improvisent des histoires sans accompagnement musical, en alternant les passages chantés et parlés et en utilisant des mélodies différentes pour représenter différents personnages et intrigues. Ils se forment en général auprès d’un maître appartenant à leur clan ou à leur famille, bien que de nos jours, ils acceptent de plus en plus de former des étrangers.

Le Yimakan est crucial pour la préservation de la langue maternelle Hezhen, ainsi que de leur religion, de leurs croyances, de leur folklore et de leurs coutumes. Cependant, la modernisation a altéré l’apprentissage de la langue et de la culture Hezhe, faisant disparaitre une partie de la tradition du Yimakan. Seuls 5 conteurs expérimentés en 2011 peuvent narrer ces contes.

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