Le putonghua (普通话) signifie littéralement « langue commune », et est la langue officielle de la République populaire de Chine, aussi connu sous le nom de « mandarin standard« . Le putonghua a connu une longue évolution historique, politique et culturelle visant à unifier la communication dans un pays marqué par une grande diversité linguistique.
Avant l’apparition du putonghua, la Chine ne possédait pas de langue parlée unique. Les habitants utilisaient de nombreux dialectes régionaux, souvent très différents les uns des autres. Parmi ces variétés linguistiques figurent le cantonais, le wu (parlé à Shanghai), le min (dans le Fujian) ou encore le hakka. Bien que tous partagent généralement le même système d’écriture, leurs prononciations sont parfois si éloignées qu’elles rendent la communication orale difficile.
Dès les dynasties impériales, une langue commune destinée aux fonctionnaires, appelée « guanhua » (langue des mandarins), commence à se développer. Cette langue, principalement fondée sur les parlers du nord de la Chine, facilite les échanges administratifs au sein de l’immense empire. Au fil du temps, le dialecte de Pékin acquiert une importance croissante en raison de son statut de capitale politique.
À la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle, la modernisation de la Chine met en évidence la nécessité d’une langue nationale commune. Après la chute de la dynastie Qing en 1912, le gouvernement de la République de Chine entreprend de standardiser la langue nationale, appelée alors « guoyu » (langue nationale). Le choix se porte principalement sur la prononciation de Pékin, tout en intégrant des éléments issus d’autres dialectes.
Après la fondation de la République populaire de Chine en 1949, les autorités renforcent cette politique linguistique. En 1956, le gouvernement adopte officiellement le terme « putonghua » et le définit comme une langue basée sur la prononciation de Pékin, la grammaire du chinois vernaculaire moderne et le vocabulaire commun du nord de la Chine. Cette standardisation s’accompagne de campagnes d’alphabétisation et de la simplification des caractères chinois afin d’améliorer l’accès à l’éducation.
Une étape importante de cette évolution est la création du « pinyin » en 1958. Ce système de romanisation utilise l’alphabet latin pour représenter les sons du chinois standard. Il facilite l’apprentissage de la prononciation, l’enseignement du chinois aux étrangers et l’utilisation des technologies numériques, notamment la saisie des caractères sur ordinateur et téléphone.
Depuis les années 1980, le putonghua s’est largement diffusé grâce au développement de l’enseignement obligatoire, des médias nationaux, de la télévision, de la radio et d’Internet. Aujourd’hui, il est la langue principale de l’administration, de l’éducation, des affaires et des échanges à travers toute la Chine. Il est également l’une des six langues officielles de l’Organisation des Nations Unies.
Malgré cette généralisation, les dialectes régionaux continuent de jouer un rôle essentiel dans la vie quotidienne et constituent un patrimoine culturel précieux. Dans plusieurs régions, les habitants utilisent leur dialecte en famille ou dans leur communauté, tandis que le putonghua est employé dans les contextes officiels et professionnels. Cette coexistence reflète la richesse linguistique de la Chine.