Carrie Lam, cheffe de l’exécutif de Hong Kong, a décidé de rendre son titre de membre honoraire d’un collège de la prestigieuse université anglaise, avant que celui-ci ne s’exprime sur ce statut.

Carrie Lam, cheffe de l’exécutif de Hong Kong

Carrie Lam a indiqué avoir «rendu» son titre de membre honoraire de l’un des collèges de l’Université de Cambridge, en signe de protestation face aux accusations d’atteinte à la liberté d’enseignement de Hong Kong.

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Carrie Lam a affirmé avoir rompu ses liens avec le collège Wolfson de la prestigieuse université de Cambridge, où elle a étudié, suite aux préoccupations exprimées par le collège sur la liberté d’expression à Hong Kong.

Elle s’est déclarée «profondément déçue par le collège qui calomnie une personne sur la base de ouï-dire plutôt que de faits». «Par conséquent, je peux difficilement me convaincre de garder une relation avec le collège Wolfson», a écrit CarrieLam! sur Facebook.

Dans son message, elle a «rejeté» vouloir mettre fin aux libertés sur le territoire, affirmant que ces accusations sont «sans fondement». En effet, le collège Wolfson a indiqué avoir récemment fait part à la dirigeante de Hong Kong de ses préoccupations concernant «son engagement en faveur de la protection des droits de l’Homme et de la liberté d’expression».

L’instance dirigeante de ce collège devait se pencher en septembre sur le titre de membre honoraire de Carrie Lam. Depuis l’an dernier, le collège Wolfson subissait des pressions pour retirer à la dirigeante son titre honorifique.

Carrie Lam parle de pression contre elle

La cheffe de l’exécutif a affirmé que le collège avait subi des pressions pour révoquer son titre après la promulgation de la Loi sur la sécurité nationale, selon l’agence de presse Xinhua.

Selon Carrie Lam, Jane Clarke, actuelle présidente du collège Wolfson « est sous la pression de certains politiciens, médias et organisations britanniques depuis les troubles qui se sont produits à Hong Kong l’année dernière ». La présidente lui aurait écrit pour l’informer que certaines personnes avaient demandé au collège de révoquer son titre de membre honoraire.

Carrie Lam a déclaré qu’elle avait écrit à plusieurs reprises au collège pour clarifier la situation à Hong Kong. Dans sa dernière lettre adressée au collège le 14 août, elle a souligné que les universités de Hong Kong jouissent de la liberté académique et que le Royaume-Uni a des clauses juridiques similaires pour protéger sa propre sécurité nationale.

La cheffe de l’exécutif, désignée par Pékin, fait partie des onze dirigeants chinois et hongkongais visés par les Etats-Unis après l’adoption par le Parlement chinois fin juin de la loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong.

Des universitaires arrêtés

Depuis l’entrée en vigueur du texte, une vingtaine de militants pro-démocratie ont été interpellés parmi lesquels le magnat des médias Jimmy Lai, propriétaire de deux titres critiques du régime chinois.

De plus, des candidatures aux législatives ont été invalidées et des livres jugés comme contrevenant à la nouvelle loi ont été retirés des rayonnages des bibliothèques et des écoles de la ville.

Trois universitaires de renom ont été limogés après avoir été incarcérés pour leur rôle en 2014 dans le «Mouvement des parapluies». Hong Kong abrite les meilleures universités d’Asie. Mais les dirigeants chinois considèrent le système éducatif de la ville comme l’un des principaux responsables du mouvement pro-démocratie.

Ils ont donné l’ordre aux autorités locales d’inculquer une éducation plus «patriotique» et de veiller à ce que la récente loi soit respectée.