La Chine annule la peine de mort d’un Canadien
La Cour suprême du peuple de Chine a annulé la peine de mort prononcée contre un Canadien pour trafic de drogue, a annoncé le 9 février son avocat, signe d’une avancée majeure dans une affaire qui a tendu les relations diplomatiques entre Ottawa et Pékin pendant des années.
Robert Schellenberg avait été arrêté en Chine en 2014 pour suspicion de trafic de drogue et condamné en 2018, recevant initialement une peine de 15 ans de prison. Il avait été condamné à mort lors d’un nouveau procès en janvier 2019, soit près d’un mois après l’arrestation à Vancouver de la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, sur mandat américain.
La Cour suprême du peuple de Chine a décidé le 6 février d’annuler la peine de mort prononcée par la juridiction inférieure, a déclaré à l’agence de presse britannique, Reuters, l’avocat basé à Pékin, Zhang Dongshuo. Cette affaire sera renvoyée devant la Haute Cour populaire de la province du Liaoning pour un nouveau procès, a-t-il précisé.
Cette décision intervient moins d’un mois après la visite de quatre jours du Premier ministre canadien, Mark Carney, en Chine, où un rapprochement entre les deux pays a été concrétisé, après une période de tensions sous le précédent dirigeant canadien Justin Trudeau.
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Un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères a indiqué à Reuters être informé de la décision de la Cour suprême. Il a affirmé que le Canada continuerait d’apporter une assistance consulaire à Robert Schellenberg et sa famille.
« Au vu des déclarations officielles des deux pays après la visite du Premier ministre canadien en Chine, la probabilité que la décision de la Cour suprême y soit liée est très élevée, selon mon expérience », a estimé Zhang Dongshuo.
Cependant, il a ajouté que la probabilité d’un acquittement final de Robert Schellenberg restait faible, cen raison de la gravité de la peine initiale.
« Les organes judiciaires chinois ont examiné l’affaire de manière indépendante et rendu un jugement conformément à la loi », a déclaré lundi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, lors d’un point presse sur cette affaire.
Quatre citoyens canadiens ont été exécutés en 2025 en Chine pour des accusations de trafic de drogue, avait alors indiqué Ottawa.
La peine de mort de Robert Schellenberg avait été confirmée par la cour du Liaoning en 2021 après une audience en appel, suscitant la condamnation du gouvernement canadien à l’époque.
La Chine avait arrêté deux Canadiens pour espionnage peu après la détention de Meng Wanzhou, provoquant des accusations internationales de « diplomatie de l’otage ». Les deux hommes avaient été libérés en 2021, le jour même où les États-Unis ont abandonné leur demande d’extradition visant Meng, qui avait alors regagné la Chine.
Ensuite, les relations diplomatiques se sont de nouveau dégradées après que le gouvernement canadien a imposé en 2024 des droits de douane sur les véhicules électriques chinois, suivant l’exemple de restrictions américaines similaires.
La Chine avait répliqué en mars dernier en imposant des droits de douane sur plus de 2,6 milliards de dollars de produits agricoles et alimentaires canadiens, tels que l’huile et la farine de canola, puis sur les graines de canola en août.
Après la visite de Mark Carney, la Chine et le Canada se sont accordés pour réduire les droits de douane sur les véhicules électriques et le canola, marquant un revirement majeur par rapport à la politique précédente.
Selon des analystes, cités par Reuters, le rapprochement entre le Canada et la Chine pourrait redéfinir le contexte politique et économique dans lequel se déroule la rivalité sino-américaine, même si Ottawa ne devrait pas pour autant s’éloigner radicalement de Washington.


