La Chine a « condamné fermement » ce 6 mai le communiqué des ministres des Affaires étrangères du G7, qui ont dénoncé sa politique en matière de droits de l’Homme ainsi que la répression à Hong Kong.

Wang Wenbin, porte parole de la diplomatie chinoise

«Les ministres du G7 ont proféré des accusations infondées à l’encontre de la Chine et se sont grossièrement ingérés dans ses affaires intérieures», a déclaré devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin.

Réunis le 5 mai à Londres, les ministres des sept pays (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ont appelé la Chine à « respecter les droits de l’Homme et les libertés fondamentales ».

Le G7 s’est dit « inquiet » des violations des droits fondamentaux en particulier au Xinjiang (nord-ouest de la Chine) où la minorité musulmane des « Ouïghours et les membres d’autres groupes ethniques et religieux minoritaires sont pris pour cible ».

A propos de Hong Kong, où la Chine a instauré en juillet 2020 une loi sur la sécurité nationale, les ministres ont reproché au régime communiste « d’éroder fondamentalement les éléments démocratiques du système électoral » dans l’ex-colonie britannique.

En réponse, Wang Wenbin a appelé jeudi les pays du G7 à « s’occuper de leurs problèmes ».  

Selon le Communiqué des ministres des Affaires étrangères et du Développement du G7, publié le 05 mai 2021, stipule :

  • Nous encourageons la Chine, grande puissance et économie dotée de capacités technologiques avancées, à participer de manière constructive au système international fondé sur des règles de droit. Il est de l’intérêt de tous, y compris de la Chine, de prendre des mesures pour traiter les problématiques mondiales, notamment le changement climatique et la perte de biodiversité, de promouvoir la reprise économique après la COVID-19, de soutenir la lutte contre la pandémie actuelle et de prévenir les pandémies futures. Nous accueillons favorablement les occasions de travailler avec la Chine pour promouvoir la paix, la sécurité et la prospérité régionales et mondiales.
  • Nous demandons à la Chine de respecter les droits de l’Homme et les libertés fondamentales, conformément à ses obligations découlant du droit national et international. Nous demeurons vivement préoccupés par les violations des droits de l’Homme et les atteintes aux droits de l’Homme au Xinjiang et au Tibet, en particulier à l’encontre des Ouïghours, de membres d’autres minorités ethniques et religieuses, par l’existence d’un vaste réseau de camps de « rééducation politique » et par les informations faisant état de systèmes de travaux forcés et de stérilisation forcée. Nous reconnaissons qu’il est important de lutter contre le travail forcé par nos propres moyens nationaux, notamment en sensibilisant, en conseillant et en soutenant les communautés d’affaires. Nous soutenons fortement la demande d’un accès indépendant et sans entrave au Xinjiang pour qu’une enquête puisse être menée concernant la situation sur le terrain et, par conséquent, nous continuons de demander à ce que la Haute-Commissaire aux droits de l’Homme des Nations Unies puisse s’y rendre dans ces conditions.
  • Nous rappelons notre déclaration du 12 mars et demeurons vivement préoccupés par la décision de la Chine de porter fondamentalement atteinte à des aspects démocratiques du système électoral de Hong Kong. Nous appelons la Chine à agir conformément à ses engagements internationaux et à ses obligations juridiques, qui sont notamment énoncés dans la déclaration commune sino-britannique et la Loi fondamentale, et à respecter le degré élevé d’autonomie, de droits et de libertés à Hong Kong. Nous appelons la Chine et les autorités de Hong Kong à cesser leurs actions contre les personnes qui défendent les droits, les libertés et les valeurs démocratiques, à préserver l’indépendance du système judiciaire et à faire en sorte qu’aucune affaire ne soit transférée en Chine continentale.
  • En tant qu’États favorables à des sociétés ouvertes et à un commerce libre et équitable s’inscrivant dans un système de règles et de normes internationales transparentes et prévisibles, nous sommes tous préoccupés par les pratiques qui nuisent à ces systèmes économiques libres et équitables, notamment en ce qui concerne le commerce, les investissements et le financement du développement. Nous travaillerons de concert pour renforcer la résilience économique à l’échelle internationale face aux stratégies et aux pratiques économiques arbitraires et coercitives. Nous demandons instamment à la Chine d’assumer et de respecter ses obligations et ses responsabilités en se montrant à la hauteur du rôle économique qui est le sien à l’échelle internationale.
  • Nous encourageons la Chine à respecter son engagement d’agir de manière responsable dans le cyberespace, et notamment à s’abstenir de commettre ou de soutenir le vol de propriété intellectuelle grâce au cyberespace.
  • Pour renforcer la coopération internationale sur des sujets qui nous concernent tous, nous croyons qu’il est essentiel de permettre des processus inclusifs dans les organisations internationales. Nous sommes favorables à la participation significative de Taïwan dans les forums de l’Organisation mondiale de la santé et à l’Assemblée mondiale de la santé. La communauté internationale doit pouvoir bénéficier de l’expérience de l’ensemble des partenaires, y compris la réussite de Taïwan dans la lutte contre la pandémie de COVID-19.