«Le traçage de l’origine du COVID-19 a été effectivement entaché de politique, non pas par la Chine, mais par certains pays dont les Etats-Unis», a annoncé jeudi Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Ce dernier a réagit à la lettre ouverte de 24 scientifiques et experts d’Europe, des Etats-Unis, d’Australie et du Japon, qui affirmaient que l’étude conjointe OMS-Chine était entachée de politique, n’offrant aucune réponse crédible au déclenchement de la pandémie.

Les chercheurs ont écrit «dans notre lettre ouverte précédente, nous avons exposé nos craintes que l’équipe conjointe du comité international et du gouvernement chinois ‘n’ait pas le mandat, l’indépendance ou les accès nécessaires pour mener une enquête complète et sans restriction sur toutes les hypothèses concernant les origines du Sras-CoV-2’. Après avoir lu le rapport intitulé ‘Étude mondiale des origines du Sras-CoV-2 conjointe par l’OMS : partie chinoise’, et examiné les déclarations faites lors de la conférence de presse organisée par l’OMS le 30 mars 2021 pour la publication du rapport, nous avons malheureusement conclu que nos préoccupations étaient pleinement justifiées».

Cette lettre ouverte a été publiée peu après la publication du rapport de l’OMS sur l’origine du Covid-19, et qu’une autre lettre ouverte, «écrite par presque le même groupe de personnes», a été publiée le 4 mars, avant la publication du rapport, Zhao Lijian a déclaré que «le moment choisi révélait leur intention d’exercer une pression sur l’OMS et l’équipe d’experts».

«Il est plus qu’évident que leur objectif était d’offrir des suggestions à la recherche du traçage de l’origine de manière scientifique et professionnelle, ou de cibler un pays avec la présomption de culpabilité», a indiqué le porte-parole.

«Ils s’obstinent à politiser la question du traçage de l’origine, à porter atteinte et à perturber la coopération entre la Chine et l’OMC, à attaquer et à diffamer la Chine, et à contester ouvertement les recherches indépendantes et scientifiques des experts», a-t-il ajouté.

Selon Zhao Lijian, «cela va nuire à la coopération mondiale en matière de traçage de l’origine et affectera les efforts mondiaux de lutte contre la pandémie».

D’ailleurs le 14 avril, les services de renseignement américains n’écartent toujours pas l’hypothèse de l’accident de laboratoire pour expliquer l’apparition à Wuhan, en Chine, de la pandémie de Covid-19.

 «La communauté du renseignement ne sait pas exactement où, quand ni comment le virus de la COVID-19 a été transmis initialement», a déclaré la directrice du renseignement, Avril Haines, devant une commission du Sénat. Cette dernière a mentionné les «deux théories», expliquant l’origine du coronavirus : un contact humain avec des animaux infectés ou l’accident de laboratoire.

«Nous en sommes là», a-t-elle attesté, «mais nous continuons à travailler sur cette question, nous rassemblons des informations et nous faisons tout notre possible pour vous donner le plus de confiance possible» dans les explications sur l’origine de la pandémie.

«Nous faisons tout ce que nous pouvons et nous utilisons toutes les ressources à notre disposition pour faire toute la lumière là-dessus», a renchéri le directeur de la CIA, William Burns.