Selon l’agence de presse, Reuters, la Chine a envoyé une équipe de responsables de la réglementation à Hong Kong pour aider l’organisme de surveillance de l’audit américain à effectuer des inspections d’audit sur place.

Ces audits impliquent des entreprises chinoises, ont déclaré quatre sources proches du dossier, dans le cadre d’un accord historique entre la Chine et les Etats-Unis.

Pour la première fois, un accord conclu entre les deux pays en août permet aux régulateurs américains d’inspecter les cabinets comptables, basés en Chine, qui auditent les sociétés cotées à New York.

Il s’agit d’une étape importante vers la résolution d’un différend sur l’audit qui menaçait de chasser plus de 200 sociétés chinoises des bourses américaines.

Une dizaine de fonctionnaires de la Commission chinoise de réglementation des valeurs mobilières (CSRC) et du ministère des Finances (MOF) sont arrivés à Hong Kong et ont rejoint l’inspection d’audit. Celle-ci a débuté le 19 septembreont indiqué trois des personnes concernées.

Les fonctionnaires chinois aideront une équipe d’inspecteurs du Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB), l’organisme de surveillance de l’audit américain, réalisé l’inspection sur place, selon les quatre sources, qui ont refusé d’être nommées en raison du caractère sensible de l’affaire.

Les représentants de la CSRC, le PCAOB et du MOF n’ont pas immédiatementrépondu aux demandes de commentaires de l’agence de presse Reuters.

La réunion des responsables américains et chinois à Hong Kong marque une étape importante dans un processus qui s’annonçait difficile à mettre en oeuvre. Il s’agit selon les personnes interrogées de l’accord le plus détaillé que le PCAOB ait jamais conclu avec la Chine.

La compagnie aérienne publique China Southern Airlines et la société de centres de données GDS Holdings figurent parmi les entreprises chinoises cotées aux États-Unis. Ces entreprises feront l’objet d’une inspection d’audit dans le centre financier asiatique, selon deux sources distinctes.

L’agence de presse Reuters avait rapporté en août que les régulateurs américains avaient choisi un certain nombre d’entreprises chinoises cotées aux États-Unis, y compris les majors du commerce électronique Alibaba Group Holding Ltd et JD.com Inc, pour une inspection d’audit.

Les américains veulent un accès complet aux données des entreprises chinoises

Des responsables de la CSRC, qui a mené les négociations avec les autorités américaines pour résoudre le différend en matière d’audit, devraient être présents. Cependant, ce sera le PCAOB qui mènera des entretiens avec le personnel des cabinets d’audit et recueillera son témoignage, a déclaré l’une des quatre personnes familières avec le processus d’audit.

L’ensemble du processus d’inspection durera environ huit à dix semaines, comme l’avait prédit le président de la Commission américaine des valeurs mobilières (SEC), Gary Gensler, lors d’une réunion avec les législateurs.

Il n’a pas été précisé si les fonctionnaires chinois seraient présents à chaque étape du processus d’inspection avec les représentants du PCAOB. Toutefois, une autre source a expliqué à Reuters que la participation des régulateurs chinois était cohérente avec la manière dont le PCAOB mène des inspections ailleurs dans le monde. D’ailleurs, auparavant l’organisme de surveillance américain n’accordait aucune considération particulière à la Chine.

Cependant, depuis plus d’une décennie, les régulateurs américains ont exigé l’accès aux documents d’audit des sociétés chinoises cotées en bourse aux États-Unis. Mais la Chine s’est montrée réticente à laisser les régulateurs américains inspecter ses cabinets comptables, invoquant des problèmes de sécurité nationale.

Malgré l’accord sur l’audit, les experts juridiques et les observateurs de la Chine ont indiqué qu’ils pourraient encore s’affronter sur la façon dont l’audit est interprété et mis en œuvre. La partie américaine cherche à obtenir un accès complet aux documents d’audit chinois sans aucune consultation ou contribution des régulateurs chinois.

Pékin avait souligné lors de la signature de l’accord que l’organisme de surveillance américain devra obtenir des documents par l’intermédiaire des régulateurs chinois, et devra impliquer la partie chinoise lors des entretiens et de la prise de témoignages.

Les inspections sur place par le PCAOB sont menées dans les bureaux de Hong Kong des cabinets d’audit des entreprises chinoises sélectionnées, ont déclaré deux des sources.