La Banque populaire de Chine (BPC-PBOC) a annoncé qu’elle avait demandé au géant des paiements du pays Ant Group Co Ltd de revoir ses prêts et autres opérations de crédit à la consommation.

Banque populaire de Chine

Pour certains analystes occidentaux, cette exigence est le dernier coup porté à son fondateur milliardaire et actionnaire majoritaire Jack Ma. D’ailleurs, le gouvernement chinois a conseillé à Jack Ma de rester en Chine, selon l’agence de presse spécialisé Bloomberg News, citant une personne familière avec le sujet.

L’annonce est intervenue quelques semaines après la suspension par les régulateurs chinois de l’offre publique initiale de 37 milliards de dollars d’Ant aux bourses de Shanghai et d’Hong Kong.

Elle intervient également quelques jours seulement après que les autorités concurrence de Chine ont annoncé avoir lancé une enquête sur le conglomérat de commerce électronique de Jack Ma, Alibaba Group Holding Ltd.

Les régulateurs chinois et les responsables du Parti communiste souhaitent désormais maîtriser leur secteur financier et notamment l’empire de Jack Ma, propriétaire de Ant Group. Ces problèmes arrivent après les critiques publiques que Jack Ma a proféré contre le système réglementaire de la Chine en octobre 2020. Il avait dénoncé une administration qui étouffe l’innovation.

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Les régulateurs ont exhorté Ant Group à rectifier les violations de la réglementation financière, y compris dans ses activités de crédit, d’assurance et de gestion de patrimoine, et à réviser ses activités de notation de crédit pour protéger les informations personnelles, a déclaré le vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine (PBOC), Pan Gongsheng.

Ce dernier n’a pas appeler à la dissolution de Ant Group, mais indiqué qu’une restructuration opérationnelle était importante. Ant Group devrait créer une société holding distincte pour garantir l’adéquation des fonds propres et la conformité réglementaire, a déclaré Pan Gongsheng.

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Ant Group devrait ensuite être autorisé à exploiter le secteur du crédit personnel, si la compagnie est plus transparente sur ses transactions de paiement avec des tiers et ne se livre pas à une concurrence déloyale, a ajouté Pan.

Dans un communiqué, Ant Group a déclaré qu’il établirait un groupe de travail de «rectification» et mettra pleinement en œuvre les exigences réglementaires.

Le vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine (PBOC), Pan Gongsheng, a déclaré que les représentants de Ant Group ont rencontré le 26 décembre des responsables de la PBOC et d’autres autorités chinoises de réglementation des banques, des valeurs mobilières et des changes.

Au cours de la réunion, les régulateurs ont souligné les problèmes d’Ant Group, notamment sa mauvaise gouvernance entrepreneurial, son mépris des exigences réglementaires, l’arbitrage réglementaire illégal, l’utilisation de son avantage sur le marché pour évincer les concurrents et les atteintes aux intérêts juridiques des consommateurs.

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Ant Group a été lancé en 2004, par la société Alibaba, en tant que service de paiement, et est détenu à 33% par Alibaba. Son application Alipay domine les paiements numériques en Chine, avec plus de 730 millions d’utilisateurs mensuels.

La société basée à Hangzhou a également construit un empire financier reliant les emprunteurs et les prêteurs chinois, obtenant des prêts à court terme en quelques minutes. Il était sur le point d’être évalué à plus de 300 milliards de dollars (270 mds €) lors de ses débuts en bourse.

En novembre 2020, la Chine a publié un projet de règles visant à empêcher le comportement monopolistique des entreprises Internet, et le Politburo a promis de renforcer les efforts anti-monopole en 2021 et de freiner «l’expansion désordonnée du capital».

La Chine a également averti les géants de l’internet de se préparer à un examen plus minutieux, car elle a infligé des amendes et annoncé des enquêtes sur des fusions impliquant Alibaba et Tencent Holdings Ltd.